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Comment réduire le retard numérique de la France ?

Pour sensibiliser les députés français aux enjeux du numérique, le think tank Renaissance numérique vient de lancer son réseau, baptisé Social Nextwork.

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Même si le numérique s’est fortement développé en France ces dernières années, les comparaisons internationales, effectuées sur de nombreux critères – pourcentage d’entreprises lancées dans le numérique, nombre de sites d'e-commerce, utilisation du web par les PME, pourcentage de Français équipés et connectés, e-éducation, e-gouvernement, etc. –, montrent l’existence d’un fort retard de notre pays. S’ajoute à cette situation le fait que nos parlementaires sont paradoxalement trop peu nombreux à connaître ce secteur et à s’intéresser à ces sujets, alors que leurs concitoyens vivent au quotidien la révolution numérique et s’interrogent souvent sur la société future.

Un réseau d’acteurs du numérique pour sensibiliser les élus français à ses enjeux

Face à ce constat, le think tank Renaissance numérique vient de fonder Social Nextwork. Ce réseau d’acteurs du numérique (entrepreneurs, chercheurs, blogueurs, consultants, citoyens) vise à regrouper autant d’adhérents qu’il y a de circonscriptions législatives françaises, soit 577. Son objectif étant de sensibiliser les élus aux enjeux et aux potentiels du numérique. Tous ses membres sont bénévoles et se sont engagés à respecter une charte éthique présentant les valeurs fondamentales de cette démarche.
Au 2 décembre 2011, ce nouveau réseau social rassemblait 250 adhérents, couvrant 100 % des régions françaises, 80 % des départements et près de 50 % des circonscriptions. Sur les 250 demandes de rendez-vous envoyées aux députés, 50 d’entre elles ont abouti et donné lieu à des comptes-rendus d’entretiens rédigés par les membres eux-mêmes et remis à Renaissance numérique, qui en a tiré la synthèse suivante.

L’importance du secteur numérique dans la croissance économique sous-estimée

Parmi les  principaux points abordés, les créations d’emploi et la contribution à la croissance économique du secteur internet ont retenu l’attention de la quasi-totalité des députés rencontrés. Représentant un million d’emplois et un quart de la croissance en 2010, internet est l’un des secteurs clés de l’économie française, tant aujourd’hui que pour les années à venir. L’importance de ces chiffres, qui était la plupart du temps méconnus, a suscité une véritable prise de conscience des élus sur les potentiels d’un secteur en pleine expansion. 
Le désenclavement des territoires, notamment ruraux, s’est également imposé comme un sujet de première importance. Le numérique bouleverse les notions de distance et de temps, et représente de ce fait une opportunité pour les territoires reculés ou isolés. Cette préoccupation s’accompagne généralement de problématiques liées à l’aménagement du territoire et au développement d’infrastructures pour fournir à tous les administrés une connexion à internet avec un débit correct.

Une réponse à de multiples problématiques sociétales

L'e-santé et l'e-éducation ont été évoquées comme des enjeux majeurs. Pour les développer, des formations au numérique semblent nécessaires, à destination des enseignants mais aussi pour les agents de l’administration. La lutte contre l’isolement et la solitude, notamment des seniors et des personnes en difficulté, ont aussi été abordées. Le numérique offre des outils novateurs et utiles pour consolider, voire pour réinventer le lien social.
Les interrogations autour du développement et de l’encadrement du télétravail ont, quant à elles, démontré l’utilité d’échanger avec les acteurs de ces mutations de l’organisation du travail. Le management et la hiérarchie dans les entreprises se trouvent bouleversés par les nouveaux outils et usages numériques : le législateur pourrait accompagner ces évolutions dans l’intérêt de toutes les parties prenantes.
Enfin, les élus ont demandé à leurs référents des conseils et des éclairages sur les outils de dialogue avec les citoyens. Même si la rencontre physique « sur les marchés » reste incontournable, l’échange sur les réseaux sociaux et sur le web prend désormais de plus en plus de place et d’importance. Il s’agit là d’un pas supplémentaire vers plus de transparence et plus de proximité avec les administrés.

Les principaux enseignements des rencontres organisées par le Social Nextwork

En conclusion, les députés ont accueillis très favorablement les référents de ce Social Nextwork. L’initiative a été globalement saluée comme novatrice, citoyenne et extrêmement utile. Les élus ont été particulièrement sensibles à l’aspect bénévole, indépendant et citoyen de la démarche initiée par Renaissance numérique.
Pour de nombreux députés, l’économie numérique se résume aux grands opérateurs et à des problématiques d’infrastructures. La richesse et la diversité des services et des contenus que recèle internet sont encore largement sous-estimées. Plusieurs actions vont être mises en place suite à ces premières rencontres et de nouveaux échanges vont être également organisés.
Cette initiative a créé un buzz important sur Twitter. Elle a révélé que les prochaines étapes du développement du numérique en France se feront très probablement localement, dans chacune des circonscriptions. Une sensibilisation aux technologies de l'information et de la communication et un travail commun entre acteurs du numérique et élus seront, sans nul doute, nécessaires.

Christine Balagué

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Enseignante-chercheur en sciences de gestion et titulaire de la chaire de recherche sur les réseaux sociaux à l’Institut Telecom - Telecom Ecole de management.  Elle est aussi présidente du think tank de l’internet citoyen Renaissance numérique. Elle a publié trois ouvrages aux éditions Pearson, Facebook, Twitter et les autres, comment intégrer les réseaux sociaux dans une stratégie d’entreprise, en 2010 ; Le marketing en ligne : boostez votre activité avec les sites web, les réseaux sociaux, les blogs et les podcasts, en 2011 ; Réseaux sociaux et entreprise : les bonnes pratiques, en 2011.

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