Handicap : Talaron Services, la première SSII « adaptée »
Fondée par un ancien de Capgemini, la SSII emploie six personnes en situation de handicap pour faire du développement en nouvelles technologies et de l’assistance à maîtrise d’ouvrage.
En dépit des efforts de quelques entreprises pionnières, dont IBM et Bull, les SSII font figure de cancres dans l’insertion de personnes handicapées. Il y a deux ans, le cabinet Ariane Conseil avait estimé le taux d’emploi de la profession à 0,58 %, contre 2,9 % tous secteurs confondus. Très loin du quota de 6 % que doivent réserver les sociétés de plus de 20 salariés.
La cause de ce déficit est identifiée et régulièrement rappelée par Syntec numérique: la pénurie de candidats qualifiés. Peu d’étudiants en situation de handicap passent le bac et moins encore poursuivent dans l’enseignement supérieur. Difficile dès lors pour les SSII de remplir leurs obligations légales.
Pour contourner la difficulté, Ludovic Petiteau, un ancien dirigeant de Capgemini – il était responsable d’une business unit à Montpellier – a pris le problème à l’envers. En juillet 2010, il créait, avec deux associés, la première entreprise adaptée de la profession.
Bien que relevant du secteur dit protégé, Talaron Services est une SARL et non un Esat (Etablissement ou service d'aide par le travail). Elle s’est créée sans aucune autre structure en soutien.
Basée à Montpellier, l’entreprise emploie six salariés – tous en situation de handicap pour le personnel de production –, avec une volonté de multiplier par trois son effectif en deux ans. Une SSII « classique » qui fait du développement en nouvelles technologies (.Net, PHP) et un peu d’assistance à la maîtrise d’ouvrage, là où sa consœur ATF Gaia s’est spécialisée dans l’assistance technique.
Une reconversion possible après un accident de la vie
« L’adaptation du poste de travail dépend de la pathologie, rappelle Ludovic Petiteau. Nous sommes surtout attentifs à l’encadrement, avec un manager pour trois collaborateurs au lieu d’un pour six. Cela diminue la pression même si, bien sûr, nous nous engageons sur les délais. »
Si la plus jeune employée a 30 ans, le plus ancien en a 43. « Le handicap peut survenir en cours de carrière après un accident de la vie. L’informatique est alors une voie de reconversion possible. »
Les clients de Talaron Services sont issus du secteur privé comme public. Le recours à ses services peut contribuer à remplir leurs obligations d’emploi des travailleurs handicapés. Cette démarche peut également s’inscrire dans un accord d’entreprise sur le handicap ou une politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
Talaron Services peut, enfin, servir de tremplin. « Après deux ans – une expérience suffisamment justificative –, un bilan sera dressé. Le collaborateur pourra rester ou s’il le souhaite rejoindre le client voire un éditeur ou une autre SSII. Le passage de relais peut se faire en forfait, dans un premier temps, puis en régie », explique Ludovic Petiteau. Et de conclure : « J’ai trouvé dans le monde du handicap des gens très motivés, dynamiques, attachants. Il y une envie de bien faire, un investissement personnel, que l’on trouve rarement dans les entreprises dites traditionnelles. »

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