Cacher les antennes pour assainir la concurrence entre opérateurs
L'Autorité de la concurrence souhaiterait que le déploiement des sites radio d’un opérateur ne soit plus divulgué à ses concurrents, de crainte qu'ils s'installent tous aux mêmes endroits.
Parfois, l'exigence de transparence présente des risques pour la situation concurrentielle d'un marché. C'est ce que prétend l'Autorité de la concurrence dans un avertissement qu'elle vient de publier à propos des réseaux cellulaires 3G/4G. Dans celui-ci, elle s'inquiète que la communication publique sur les projets d'installation d'antennes-relais, orchestrée par l'agence nationale des fréquences, n'incite les opérateurs à entreprendre les mêmes déploiements géographiques. Et, par là-même, que se creuse le fossé entre les zones urbaines où les opérateurs batailleraient pour offrir de la qualité de servive et les zones rurales qu'ils délaisseraient tous.
Dans le cadre des études de compatibilité qu'elle mène, l'ANFR recueille et diffuse, notamment auprès des opérateurs de téléphonie mobile, toutes les caractéristiques techniques de l'installation envisagée : type et hauteur de l'antenne, puissance d'émission, fréquence utilisée, adresse du site de l'installation…Ce recensement est géré par la commission des sites et servitudes (COMSIS), les informations recueillies étant enregistrées dans une base de données dénommée STATIONS qui alimente également une cartographie générale des implantations consultable sur le site www.cartoradio.fr.
Ces éléments permettent aux opérateurs d'être informés de toutes les demandes d'installation d'antennes relais déposées par leurs concurrents. « A l'heure où les opérateurs réfléchissent au déploiement de leurs réseaux de quatrième génération, cette situation est préoccupante, la qualité et la couverture d'un réseau étant des éléments importants qui leur permettent de se démarquer les uns des autres », estime l'Autorité de la concurrence.
Permettre à Free Mobile d'accéder aux bases de données consolidées
La montée en puissance de Free Mobile, qui construit son propre réseau cellulaire 3G, pourrait être également scrutée par ses concurrents, par le biais de cette communication sur les projets d'installation des antennes-relais.
Pour endiguer ces atteintes potentielles à la concurrence, l'Autorité suggère que les nouveaux entrants, typiquement Free Mobile, accède aux informations consolidées des opérateurs existants puisque ces derniers sont au courant des demandes des nouveaux entrants. Elle suggère aussi que soient encadrés, voire limités, les échanges d’informations entre opérateurs, orchestrés par l'AFNR lors de ses études de compatibilité liées à l'installation d'antennes-relais.
Elle préconise enfin de veiller à ce que les informations communiquées actuellement gardent un certain degré d’ancienneté en modifiant la date de publication des données relatives aux sites radioélectriques des opérateurs mobiles sur le site cartoradio.fr. «La publication des informations sur le site pourrait être retardée afin de garantir que les données soient diffusées une fois que le site radioélectrique est effectivement exploité par l’opérateur.»

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