Les trois opérateurs historiques raflent les fréquences 4G "en or"
Bouygues Télécom, SFR et Orange raflent les licences 4G dans les fréquences 800 MHz, qui rapportent 2,6 milliards d'euros à l'Etat. Free négociera avec SFR un accord d'itinérance.
Les fréquences 4G "en or", issues de la bande 800 MHz libérée par l'extinction de la télévision analogique, auront bien mérité leur surnom. Elles auront rapporté 2,6 milliards d'euros à l'Etat alors que les prix de réserve fixés (prix minimum) totalisaient un montant de 1,8 milliard d'euros. Les trois opérateurs attributaires ont donc fait monté les enchères à un tour, à savoir Bouygues Télécom, SFR et Orange, qui raflent la mise, Free Mobile, pourtant candidat, étant exclu du jeu. Les réseaux 4G apporteront des débits de plusieurs dizaines de Mbits/s aux possesseurs de terminaux compatibles contre quelques Mbits/s avec la 3G.
C'est SFR (filiale de Vivendi) qui a mis le plus d'argent sur la table avec 1, 065 milliard d'euros, pour obtenir deux blocs de 5 MHz, soit 10 MHz au total. Orange a dépensé 891 millions d'euros pour un bloc de 10 MHz. Bouygues Télécom a "seulement" misé 683 millions d'euros, également pour 10 MHz.
Free Mobile sans fréquences 800 Mhz
Free Mobile, qui a dû probablement miser nettement moins d'argent que ses rivaux, n'obtient aucune fréquence 800 MHz. Il avait obtenu un bloc de fréquences dans la bande 2,6 Ghz, lors de la première série d'attribution en septembre 2011, ce qui lui assure la couverture radio des zones urbaines. En revanche, en tant que candidat malheureux, il bénéficie d'un droit à l'itinérance sur les zones les moins denses du territoire, qu'il devra négocier avec SFR, puisque ce dernier a obtenu deux blocs de fréquences. Cette possibilité s'appliquera dès lors que le déploiement de son réseau 4G à 2,6 GHz, aura atteint une couverture de 25 % de population.
Les fréquences 4G rapportent 3,5 milliards d'euros à l'Etat
Les fréquences 800 MHz, dites « basses », offrent des qualités de propagation meilleures que les fréquences de la bande 2,6 GHz. Elles permettent ainsi une couverture étendue du territoire avec une densité inférieure d'antennes relais. C'est à cause de ces caractéristiques que les obligations de couverture radio du territoire imposés aux opérateurs sont contraignantes (cf encadré ci-dessous), dans le cadre d'un objectif prioritaire d’aménagement numérique du territoire voulu par les pouvoirs publics.
Au total, l'Etat aura récupéré plus de 3,5 milliards d'euros de la cession des licences 4G, le premier lot ayant rapporté 930 millions d'euros en septembre 2011. Au total, il engrange un milliard d'euros de plus que ce qui avait été prévu initialement. Incontestablement, le principe des enchères à un tour aura permis de maximiser les recettes de l'Etat. Ce procédé a obligé de facto les opérateurs candidats à "surpayer" leurs fréquences pour être sûrs de rafler la mise d'emblée, puisqu'ils ne pouvaient surenchérir sur leurs rivaux.
Des contraintes fortes de couverture pèseront sur les trois opérateurs
L’aménagement numérique du territoire a été pris en compte de manière prioritaire dans l’attribution de la bande 800 MHz et les trois opérateurs se sont engagés sur ce point. Les licences 4G sont assorties d'une obligation de couverture au niveau départemental. Un taux minimal de couverture de 90 % de la population dans chaque département métropolitain, doit être atteint en douze ans. S'y ajoute l'obligation de couvrir les parties les moins denses du territoire. Ces zones sont définies par une liste de communes rurales difficiles à couvrir par des fréquences hautes et pour lesquelles le recours à la bande 800 MHz s’avère nécessaire. Un taux de 40 % de la population couverte dans ces zones devra être atteint en 5 ans.

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