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Et si l’oubli était une facette importante de la mémoire ?

Trop d'information tue l'information. La plupart du temps, il est inutile voire risqué pour une entreprise de conserver de manière permanente tous les documents créés en interne.

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Avoir une bonne mémoire est très certainement un des rêves les plus communément partagés. Nous sommes nombreux à nous plaindre régulièrement que la nôtre est mauvaise, alors rien d’étonnant à ce que celle sans faille des ordinateurs nous laisse rêveurs. Avec les moyens de sauvegarde actuels, il est devenu réaliste de retrouver indéfiniment ce qui a été écrit un jour, tout particulièrement sur internet.  Même les tweets les plus anodins, qui sont tous archivés par la bibliothèque du Congrès américain depuis 2010.

La mémoire et l’oubli

N’est-ce pas risqué d’avoir une mémoire aussi formidable ? L'oubli ne serait-il pas la condition indispensable de la mémoire, comme le disait plaisamment l’auteur d’Ubu roi, Alfred Jarry ? Qu’en pense Marc L., qui s’est retrouvé sous les projecteurs médiatiques malgré lui pour avoir inconsciemment étalé sa vie privé sur la Toile, comme l’a mis en évidence un journaliste ? A défaut de mieux, il doit apprécier que son nom ait depuis été « oublié » à sa demande.
Avec les nouveaux services offerts sur internet, les employés de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) doivent s’arracher les cheveux : les voici débordés par ceux qu’ils cherchent à protéger, et qui étalent eux-mêmes leur vie privée sans précaution. La réponse passe sûrement par l’éducation des personnes et surtout des plus jeunes. Les informations qu’ils divulguent risquent d’être utilisées par des escrocs ou de leur causer des torts aussi bien dans leur vie privée que dans leur vie professionnelle. Cela illustre aussi l’importance de l’oubli : faudra-t-il l’organiser comme c’est déjà le cas pour les vidéos de surveillance qui ne sont pas conservées plus d’un mois ?

L’obsolescence et les usages professionnels

Dans les intranet et les bases documentaire des entreprises, cette mémoire qui enfle sans cesse soulève d’autres problématiques. « Trop d’information tue l’information. » Malgré la capacité des solutions informatiques à supporter cette volumétrie inutile, voire à retrouver des documents noyés dans la masse, il reste des situations problématiques. L’obsolescence n’est pas toujours correctement gérée. Les employés perdent alors leur temps à identifier la dernière version d’un document, voire pire lorsqu’un conseiller remet à son client  une version périmée du descriptif d’un produit. Enfin, le risque financier est encore plus direct quand une entreprise monte une campagne publicitaire avec une photographie pour laquelle les droits d’usage sont périmés.

Tous ces exemples montrent la nécessité de traiter le cycle de vie complet d’un document,  non seulement sa validation et sa diffusion mais aussi son expiration, son archivage et sa suppression. Or, je suis souvent frappé de constater que la fin du cycle de vie est « oubliée » dans de nombreuses mises en œuvre. Les responsables ne mesurent-il pas le retour sur investissement d’une bonne gestion de l’obsolescence ? Le cerveau humain possède une capacité innée à oublier de façon sélective et sans effort, et c’est sans doute sa plus grande qualité, quoi qu’on en dise ; cela ne va pas de soi ni sur internet ni dans la mémoire des entreprises.

Vincent Bouthors

A propos de l’auteur
Ingénieur et docteur en informatique, Vincent Bouthors a été chercheur chez Bull et à l’Inria dans le domaine des interfaces homme-machine puis du web. Il est depuis dix ans PDG et fondateur de Jalios, éditeur d’un logiciel de portail d’entreprise 2.0 intégrant un réseau social d’entreprise.

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Avis sur «Et si l’oubli était une facette importante de la mémoire ?»

 

Et si l'oubli .......

de Oesope , posté le 30 janvier 2012 à 18h51
Bonjour!
Dit par un intellectuel reconnu,il est évident que c'est + acceptable que par un inconnu comme moi,surtout ne possedant pas de diplomes de psyco mais juste le GBS et l'experience.
Bravo!
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