Vulnérabilités GSM, quelles réponses un an après ?
Chaque année, le Père Noël apporte une nouvelle édition du Chaos Communication Congress. La vingt-huitième, 28C3, a, comme à l’accoutumée, fait du bruit autour de vulnérabilités dans les téléphones mobiles.
Karsten Nohl est bien connu pour avoir mis à mal la sécurité de Mifare, le standard pour le NFC. Mais il s’est aussi distingué en organisant le calcul de tables arc-en-ciel, permettant de retrouver, en temps réel, la clé utilisée pour protéger une communication GSM 2G en « sniffant » celle-ci. Cette attaque s’appuie sur la faiblesse de l’algorithme A5/1, le seul réellement utilisé aujourd’hui pour protéger ces communications, et sur le fait que beaucoup de messages chiffrés ont un contenu clair prédictible, comme du « padding ». On peut ensuite tromper le réseau en se faisant passer pour le téléphone dont on a retrouvé la clé. Cette attaque est simple et pratique car complètement passive : elle ne demande que de capturer les communications venant des antennes.
Cette année, Karsten Nohl a présenté au 28C3 différentes manières d’exploiter cette attaque, les moyens qu’ont les opérateurs pour circonscrire le problème, et l’état de mise en œuvre de ces moyens dans leurs réseaux. Rien de neuf au niveau des attaques : en se faisant passer pour le téléphone de la victime auprès du réseau, on peut accéder à son répondeur, envoyer des SMS et passer des appels pour son compte, se connecter aux services de gestion de l’abonnement – c’est-à-dire utiliser tous les services fournis par les opérateurs sans requérir d’authentification autre que celle du réseau. Une source de revenus pour des fraudeurs serait, par exemple, d’envoyer sur le dos des victimes des milliers de SMS vers un numéro surtaxé qu’ils détiendraient.Cette année, Karsten Nohl a présenté au 28C3 différentes manières d’exploiter cette attaque, les moyens qu’ont les opérateurs pour circonscrire le problème, et l’état de mise en œuvre de ces moyens dans leurs réseaux. Rien de neuf au niveau des attaques : en se faisant passer pour le téléphone de la victime auprès du réseau, on peut accéder à son répondeur, envoyer des SMS et passer des appels pour son compte, se connecter aux services de gestion de l’abonnement – c’est-à-dire utiliser tous les services fournis par les opérateurs sans requérir d’authentification autre que celle du réseau. Une source de revenus pour des fraudeurs serait, par exemple, d’envoyer sur le dos des victimes des milliers de SMS vers un numéro surtaxé qu’ils détiendraient.
Différentes manières d’exploiter cette attaque
Cette année, Karsten Nohl a présenté au 28C3 différentes manières d’exploiter cette attaque, les moyens qu’ont les opérateurs pour circonscrire le problème, et l’état de mise en œuvre de ces moyens dans leurs réseaux. Rien de neuf au niveau des attaques : en se faisant passer pour le téléphone de la victime auprès du réseau, on peut accéder à son répondeur, envoyer des SMS et passer des appels pour son compte, se connecter aux services de gestion de l’abonnement – c’est-à-dire utiliser tous les services fournis par les opérateurs sans requérir d’authentification autre que celle du réseau. Une source de revenus pour des fraudeurs serait, par exemple, d’envoyer sur le dos des victimes des milliers de SMS vers un numéro surtaxé qu’ils détiendraient.
Divers parades pour contourner ces vulnérabilités
Le moyen le plus évident de combler le trou de sécurité est de déployer l’algorithme de chiffrement A5/3 en remplacement d’A5/1. Basé sur l’algorithme utilisé en 3G, A5/3 offre une robustesse bien supérieure et il permettrait de prolonger la sécurité des usages pendant quelques années. L’idée serait de généraliser le support de cet algorithme A5/3 dans le réseau, et d’interdire aux téléphones d’utiliser A5/1. Une méthode déjà employée pour mettre hors service l’algorithme A5/2. Cependant, les opérateurs font face à un problème majeur : un téléphone très populaire, mentionné par Nohl sans le nommer, annonce au réseau qu’il supporte A5/3, mais souffre d’un bogue lorsque le réseau lui demande de l’utiliser. Les opérateurs sont donc à la recherche d’un moyen pour que le déploiement d’A5/3 ne mette pas ce modèle hors service.
Quelles mesures de protection chez Free ?
Sans attendre ce déploiement, d’autres méthodes permettent de prévenir l’attaque. La première consiste à changer la clé à chaque opération ou presque, de sorte qu’une clé crackée ne pourrait être utilisée que de manière très limitée, voire pas du tout. Il est aussi possible de compliquer l’attaque en remplaçant les données prédictibles dans la communication par un contenu aléatoire, l’attaquant ne connaissant alors plus assez de données en clair pour recalculer les clés.
En utilisant la couche modem GSM open source OsmocomBB, l’équipe de Nohl a regardé si ces méthodes étaient déployées dans différents pays. Il s’avère que la situation diffère énormément entre les opérateurs, y compris entre ceux qui appartiennent au même groupe. En France, la situation est bonne, puisque la plupart des opérateurs ont mis en place ces mesures de protection. Qu’en sera-t-il du nouvel arrivant qui fait tant de bruit ?
En utilisant la couche modem GSM open source OsmocomBB, l’équipe de Nohl a regardé si ces méthodes étaient déployées dans différents pays. Il s’avère que la situation diffère énormément entre les opérateurs, y compris entre ceux qui appartiennent au même groupe. En France, la situation est bonne, puisque la plupart des opérateurs ont mis en place ces mesures de protection. Qu’en sera-t-il du nouvel arrivant qui fait tant de bruit ?
Hervé Sibert
Spécialiste et architecte chargé de la technologie sécurité chez ST-Ericsson, Hervé Sibert a obtenu son doctorat en mathématiques en 2003, après sa sortie de Polytechnique. Avant de rejoindre NXP (fabricant de chipstets pour terminaux mobiles devenu ST-Ericsson) en 2006, il passe trois ans au département de recherche et développement de France Télécom en tant qu’ingénieur et chercheur en cryptographie et sécurité des réseaux.

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