Liens commerciaux sur internet, des enjeux juridiques épineux
En 2011, les juges se sont penchés sur une question particulièrement complexe, qui concerne pourtant un acte quotidien et indispensable. En effet, saisir des mots clés dans un moteur de recherche est devenu un réflexe.
Pour toute requête effectuée dans le moteur de recherche, deux types de résultats sont fournis : une liste de sites liés au mot clé et, parallèlement, des liens hypertextes. Ces derniers renvoient les internautes vers des sociétés qui paient le « bon référencement », autrement dit la « bonne place », sur la première page. En effet, la visibilité sur la Toile représente désormais un enjeu crucial pour toute entreprise. Cet enjeu, les sociétés exploitant les moteurs de recherche ont su se l’approprier en commercialisant des termes ou signes qui deviennent ainsi des mots clés mis à la disposition des annonceurs. Le problème juridique est le suivant : la mise à disposition, l’aide à la sélection, ainsi que la réservation de ces mots clés constituent-elles ou non des actes de contrefaçon de marque ? Si oui, quels en sont les responsables ?
Pour toute requête effectuée dans le moteur de recherche, deux types de résultats sont fournis : une liste de sites liés au mot clé et, parallèlement, des liens hypertextes. Ces derniers renvoient les internautes vers des sociétés qui paient le « bon référencement », autrement dit la « bonne place », sur la première page. En effet, la visibilité sur la Toile représente désormais un enjeu crucial pour toute entreprise. Cet enjeu, les sociétés exploitant les moteurs de recherche ont su se l’approprier en commercialisant des termes ou signes qui deviennent ainsi des mots clés mis à la disposition des annonceurs. Le problème juridique est le suivant : la mise à disposition, l’aide à la sélection, ainsi que la réservation de ces mots clés constituent-elles ou non des actes de contrefaçon de marque ? Si oui, quels en sont les responsables ?
Le rôle des hébergeurs
Il convient de déterminer les rôles joués par les hébergeurs de contenu, l’exonération de responsabilité prévue en leur faveur peut-elle bénéficier aux moteurs de recherche ? Ces derniers (Google, Yahoo, etc.) assument plusieurs rôles et offrent un service gratuit à partir de mots clés. De même, ils proposent un service d’aide à la sélection de mots clés aux annonceurs qui souhaitent en effectuer la réservation pour favoriser l’affichage de leur annonce. Enfin, ils commercialisent des espaces sur les pages de résultats que le moteur affiche en réponse à la requête de l’internaute. De son côté, l’annonceur sélectionne et réserve des mots-clés.
La marque, actif incorporel d’une société, a comme fonction première d’identifier et d’individualiser un produit ou un service en raison d’un risque de confusion de la part du public. Bien que la marque n’ait pas pour vocation d’éliminer une concurrence loyale et saine, l’internaute doit savoir sans ambiguïté que le lien commercial qui s’affiche pour promouvoir des produits ou des services provient d’une entreprise qui n’a rien à voir avec les produits désignés qu’il vient de saisir en tant que mots clés. Si le lien commercial ne lui permet pas de comprendre que le service proposé par l’annonceur n’émane pas du propriétaire de la marque, le grief de contrefaçon peut être caractérisé, en plus du parasitisme et du ternissement de la renommée de la marque.
La marque, actif incorporel d’une société, a comme fonction première d’identifier et d’individualiser un produit ou un service en raison d’un risque de confusion de la part du public. Bien que la marque n’ait pas pour vocation d’éliminer une concurrence loyale et saine, l’internaute doit savoir sans ambiguïté que le lien commercial qui s’affiche pour promouvoir des produits ou des services provient d’une entreprise qui n’a rien à voir avec les produits désignés qu’il vient de saisir en tant que mots clés. Si le lien commercial ne lui permet pas de comprendre que le service proposé par l’annonceur n’émane pas du propriétaire de la marque, le grief de contrefaçon peut être caractérisé, en plus du parasitisme et du ternissement de la renommée de la marque.
Google jugé responsable par le TGI
Le 23 mars 2010, la Cour de justice de l’Union européenne avait précisé que, pour être considéré comme hébergeur, cette activité de prestataire de services devait revêtir un caractère purement technique, automatique et passif, impliquant qu’il n’a ni la connaissance ni le contrôle des informations transmises ou stockées. Puis, elle laissait le soin au juge national de vérifier si ces conditions sont réunies. Ainsi, le 14 novembre 2011, le tribunal de grande instance de Paris a retenu la responsabilité de Google pour avoir référencé des liens Adwords redirigeant vers des contenus portant atteinte aux droits d’un acteur. Les juges ont considéré que Google n’avait pas le statut d’hébergeur dans le cadre de son service Adwords, compte tenu de la connaissance et du contrôle du moteur de recherche sur la nature des contenus, mais aussi en raison de son rôle actif dans le référencement des liens.
L’entreprise doit être vigilante quant à l’utilisation de ses marques en tant que mot clé, la veille sur internet s’avère donc indispensable.
L’entreprise doit être vigilante quant à l’utilisation de ses marques en tant que mot clé, la veille sur internet s’avère donc indispensable.
Garance Mathias
Avocate, elle a décidé de créer sa propre structure consacrée à l'activité des entreprises et plus particulièrement aux problématiques de sécurité informatique, de contrats tant en conseil qu'en contentieux. Garance Mathias a accepté de nous apporter un éclairage à partir de son expérience issue de la rencontre entre juridique et sécurité informatique.

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Mouais...
de
AlexMru
, posté le 21 janvier 2012 à 12h28
J'ai quelques doutes sur le fonds de l'article :
- Un hebergeur est passif et ce qui lui permet d'être exonéré d'un certain nombre de délit (car il ne sait pas ce qu'il heberge...)
- Dans l'article, vous dites que Google a été condamné par le TGI car il est considéré comme actif. J'attends de voir la décision de la cour d'Appel car je suis sceptique sur la notion "d'actif" : Une grande partie du système AdWords est automatisé. Les traitements manuels se font sur les litiges d'annonces refusés. Les annonces sont analysées par des serveurs qui regardent si le texte est conforme aux CGU d'AdWords, il n'y a pas d'intervention humaine.
Par ailleurs, les marques oublient souvent qu’elles ont à disposition un lien qui leur permet de protéger leur nom. Quand je passe des annonces et que les marques sont protégées, j'ai systématiquement un refus avec l'explication du copyright.
Après, si elles viennent pleurer mais ne font pas le travail de protection de base, je n vais pas les réconforter.
- Un hebergeur est passif et ce qui lui permet d'être exonéré d'un certain nombre de délit (car il ne sait pas ce qu'il heberge...)
- Dans l'article, vous dites que Google a été condamné par le TGI car il est considéré comme actif. J'attends de voir la décision de la cour d'Appel car je suis sceptique sur la notion "d'actif" : Une grande partie du système AdWords est automatisé. Les traitements manuels se font sur les litiges d'annonces refusés. Les annonces sont analysées par des serveurs qui regardent si le texte est conforme aux CGU d'AdWords, il n'y a pas d'intervention humaine.
Par ailleurs, les marques oublient souvent qu’elles ont à disposition un lien qui leur permet de protéger leur nom. Quand je passe des annonces et que les marques sont protégées, j'ai systématiquement un refus avec l'explication du copyright.
Après, si elles viennent pleurer mais ne font pas le travail de protection de base, je n vais pas les réconforter.
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