Nice : le Crédit Agricole lève un voile sur la banque du futur
Le chantier pharaonique des caisses régionales du Crédit Agricole se dessine peu à peu. En 2014, Nice devrait tenir toutes les promesses du multicanal avec une touche de réseau social. Bilan d’étape.
A horizon 2014, Nice – pour Nouvelle informatique convergente évolutive – devrait concrétiser tous les rêves placés voilà maintenant près de quinze ans dans le multicanal. Les 39 caisses régionales disposeront alors d’une plate-forme unifiée résolument orientée 2.0.
Un client pourra initier un process sur un canal – tablette, smartphone, PC, agence ou centre d’appel – et le poursuivre sur un autre. Une relation client fluide et sans couture.
Le futur PUCC (Portail unifié client conseiller) doit aussi rendre cette relation plus transparente et « bannir tout jargon bancaire », promet-on. Enfin, Nice s’ouvrira au web 2.0 et aux réseaux sociaux.
Sept caisses partagent déjà un système unique
De fait, cette v1 est issue d'AMT, l’un des cinq systèmes préexistants. « Nous ne sommes pas partis d’une feuille blanche, rassure Hichem Jaballah, directeur général du programme Nice. A partir du système souche AMT, nous avons comblé les écarts avec les autres SI, pris en compte les différentes règles de gestion des caisses, revu les processus. »
Les 32 caisses régionales restantes migreront vers la v1 d’ici la fin 2013. Une v1 qui apporte déjà son lot de nouveautés, notamment en matière de dématérialisation. Toutes les pièces d’un dossier crédit seront scannées, par exemple. Seul le contrat signé restera en version papier.
Par ailleurs, 24 produits bancaires (carte, livret…) pourront être souscrits en ligne, le double de ce qui se fait aujourd’hui. Les clients disposeront d’une messagerie sécurisée – plus sûre que l’e-mail – pour échanger avec leur conseiller.
Au téléphone, ce dernier verra monter automatiquement la fiche client grâce à l’intégration de la téléphonie sur IP. En attendant le PUCC, les agences se contenteront du poste de travail Bore@l d’AMT dans la v1.
250 M€ d’économies par an
Sachant que le coût de Nice est estimé à 500 M€ – contre « 350 M€ hors formation » avancé en 2009 –, le ROI serait de deux ans. Toujours dans les chiffres stratosphériques, la charge de travail de la v1 est évaluée à 120 000 jours-hommes.
Pour absorber le pic de charge tout en faisant tourner l’existant, la banque fait un large recours à la prestation sans toutefois préciser dans quelles proportions. CSC, IBM, Sopra, Logica et Capgemini sont les principaux bénéficiaires de ce projet décidément hors normes.
Un pôle de 3 datacenters
Ce n’était pas prévu au lancement de Nice. Projet dans le projet, la Fédération nationale du Caisse d’Agricole a décidé de s’associer avec Crédit Agricole SA pour constituer un pôle de 3 datacenters « au meilleur état de l’art en termes de sécurité et de redondance ».
Le site de Chartres (Tier 4), où seront hébergées les applications les plus critiques, sera relié aux centres de Gradignan et de Clermont-Ferrand par réseau haut débit. L’ensemble constitué de 5 000 serveurs virtuels doit fournir une puissance de calcul de 120 000 Mips et un espace de stockage de 6 pétaoctets.
Mille informaticiens en moins
Ramener les 5 GIE de départ (AMT, Atlantica, Comete, Exa, Synergie) à deux entités – Crédit Agricole Technologies pour la maîtrise d’œuvre et Crédit Agricole Services pour la maîtrise d’ouvrage – conduit l’effectif informatique à passer de 2 500 à 1 500 salariés. Sur les mille postes supprimés, la moitié est retournée en caisse régionale et l’autre est partie à la retraite.
Démarrée le 1er janvier 2011, le processus d’affectation se termine. Il n’a pas été sans frictions. On se souvient de la grève nationale des informaticiens du Crédit Agricole en décembre 2009. « Il n’y pas eu de mobilité ou de départ forcé, assure Frédéric Thomas, président de CA Technologies et de CA Services. L’affectation s’est faite selon les vœux émis par les collaborateurs. Nous avons choisi de prendre du temps, quatre ans, pour réaliser ce volet RH. »

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