E-santé : un condensé de mauvaises pratiques à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille
Dans son rapport annuel, la Cour des comptes épingle l’AP-HM pour son échec à déployer son dossier médical informatisé et pour la douzaine de millions d’euros engloutis.
Dans les systèmes d’information hospitaliers (SIH), l’une des briques les plus complexes à déployer concerne le dossier médical informatisé. Les hôpitaux de Marseille en ont fait la catastrophique expérience. Dans son rapport annuel, la Cour des comptes révèle le désastre de ce chantier entamé en 2005 et jamais abouti. Un chantier qui a englouti une douzaine de millions d’euros.
A l’origine, le projet visait à mettre en place un dossier médical patient qui engloberait aussi bien les aspects administratifs que médicaux. Celui-ci devait remplacer les systèmes de facturation, d’identification des patients et de gestion des stocks développés dans les années 80, devenus totalement obsolètes.
Un départ sur de mauvaises bases
Seulement, dès l’attribution du marché, l’AP-HM (Assistance publique-Hôpitaux de Marseille) et le consortium gagnant de l'appel d'offres (IBM-Cerner) divergent sur les priorités à mener. Le premier faisant de la brique gestion administrative un prérequis, le second souhaitant mettre l’accent sur le volet médical du logiciel. Les deux industriels accusent même l’AP-HM « d’avoir fait évoluer son projet après l’appel à la concurrence ». Au-delà de ce conflit, la Cour estime, elle, « que compte tenu de la complexité du projet, ce marché aurait dû faire l’objet d’une étude préalable ».
Pour ne rien arranger, le rapport précise qu’à l’époque, Cerner n’avait aucune expérience dans le déploiement de SIH en France. Tout aussi gênant : « L’AP-HM a confié la conduite de l’appel d’offres à un agent dont le conjoint était salarié de la société qui a remporté le marché », mettant ainsi à mal « le principe d’égalité de traitement des candidats à la commande publique ».
Un système de facturation paralysé
Les choses ne sont pas allées en s’arrangeant. Un euphémisme, quand on sait que le déploiement de ce SIH a été retardé à huit reprises entre 2007 et 2010. En cause : un système de facturation et de codage des actes médicaux impossible à déployer. « Il y a eu, dès l’origine, une incompréhension entre le consortium IBM-Cerner, qui comptait livrer son logiciel en l’état, et la direction informatique, qui souhaitait que le logiciel fût adapté aux besoins spécifiques de l’AP-HM, à sa structure et à son système d’identification. »
Selon la Cour, les torts sont partagés. D’un côté, Cerner a largement sous-estimé « la francisation de son logiciel », de l’autre, les compétences n’étaient pas réunies pour un tel chantier. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’AP-HM a rapidement eu recours à une prestation externe (pour 2,75 millions d'euros).
Un nouvel appel d’offres
En juillet 2009, c’est le revirement. Pour enfin parvenir à valoriser son activité, l’AP-HM lance un nouveau marché pour pallier l'échec de ce projet. Cette fois, Elle se dote de modules séparés, relatifs à la tarification, à la pharmacie et à la gestion administrative. Coût total : 700 000 euros. Soit une goutte d’eau ramenée aux 12,5 millions d'euros engagés pour le déploiement du dossier médical informatisé qui vient d’être abandonné. Cette somme « se décompose en 4,7 millions d'euros de logiciels, fournitures et prestations, 5,1 millions de moyens engagés par l’AP-HM et 2,7 millions de prestations d’assistance à maîtrise ».
Cet échec incombe-t-il uniquement à l’établissement marseillais ? Non, selon la Cour, qui pointe également la responsabilité du ministère de la Santé et, notamment, son manque d’implication dans le pilotage des projets. Il a « délégué le développement des systèmes d’information hospitaliers à une multiplicité d’acteurs insuffisamment coordonnés, et laissé les établissements assurer eux-mêmes la maîtrise d’ouvrage de leurs projets ». Preuve de ce manque de coordination : alors même qu’il commençait à capoter, le projet a reçu 9 millions d’euros de subvention dans le cadre du plan Hôpital 2012 !

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Avis sur «E-santé : un condensé de mauvaises pratiques à l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille »
grosse gabgie
de
maxc05
, posté le 27 avril 2012 à 15h41
voilà un exemple de totale incompétences des administratifs qui en permanence cours circuite les vrais EXPERTS en systèmes d'informations. Cela leurs collent à la peau voici le résultat 12.5 millions d'Euros en l'air
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