De grandes incertitudes planent sur l’emploi cadre
Jamais la fourchette des prévisions de l’Apec n’aura été aussi large. En 2012, les recrutements dans la fonction informatique pourraient augmenter de 17 %... ou baisser de 11 %. Les jeunes diplômés ne devraient toutefois pas pâtir de ce marché de l’emploi incertain.
Année 2012, la grande inconnue. En présentant hier matin son étude annuelle basée sur les prévisions de recrutement de 11 000 entreprises, l’Apec a fait part de ses difficultés à cerner un marché de l’emploi fragilisé par la faible croissance française et le contexte international.
L’emploi cadre ne connaît pas (encore ?) de déflagration comme en 2009 – qui avait connu une chute de 28 % des recrutements – mais il marche à deux vitesses. « Les grandes entreprises innovantes tournées vers l’export s’en sortent mieux que les PME sans valeur ajoutée différenciatrice, avance Bertrand Hébert, nouveau directeur général de l’Apec. De même, les recruteurs privilégient, comme à chaque retournement de conjoncture, les cadres confirmés aux débutants. »
L’informatique fait exception. En ouvrant aux jeunes diplômés 40 % des offres d’emploi, elle est la fonction qui leur est la plus accessible. A l’image de Capgemini, les SSII ne veulent pas recommencer les mêmes erreurs que lors de la crise précédente, durant laquelle des bataillons de jeunes s’étaient retrouvés sur le carreau.
« Croissance tétanisée » jusqu’en 2014
Encore faut-il avoir des offres à proposer. Locomotive de l’emploi cadre en 2011, l’informatique arrive en troisième position des intentions d’embauche cette année, après le commercial et les études-R&D. Les cadres informaticiens devraient se voir proposer entre 26 700 et 35 000 postes. Soit une augmentation de 17 % par rapport à 2011 pour la fourchette haute ou… une baisse de 11 % pour la fourchette basse.
Les estimations de l’Apec étant généralement optimistes, on peut donc s’attendre à une année plutôt morose. En 2011, l’Apec prévoyait ainsi de 29 000 à 32 000 postes et 29 839 recrutements ont été réalisés. Pour sa défense, le marché, tiré essentiellement par les sociétés de services à l’origine de 82 % des embauches, est difficile à appréhender. Comme le rappelle l’Apec, les SSII « diffusent plusieurs offres pour une même opportunité de poste à pourvoir ».
Pour 2013, l’Apec prévoit une « croissance tétanisée ». Pour retrouver les sommets de 2008 et dépasser le plafond des 200 000 recrutements de cadres, il faudra attendre 2014. Ensuite, ces embauches augmenteraient de 6 % par an, pour atteindre 228 300 en 2016. Vivement demain !
L’emploi suit la diagonale Paris-Lyon-Marseille
L’emploi cadre suit aussi un marché à deux vitesses en ce qui concerne les régions. Sur une diagonale Paris-Lyon-Marseille, l’Ile-de-France, Rhône-Alpes et la région Paca concentreront un recrutement sur deux. Midi-Pyrénées (merci, Airbus), l’Auvergne (quand Michelin va…) et le Centre (la Cosmetic Valley commence à produire ses effets) sont également bien exposés. A l’inverse, les régions industrielles du Nord-Ouest – Haute Normandie, Basse Normandie, Picardie – sont plus sujettes au retournement de conjoncture.

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, posté le 15 février 2012 à 13h19
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