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Le .fr fait sa révolution des accents

A partir du 3 mai 2012, le registre des noms de domaine en .fr autorisera l’enregistrement d’adresses internet contenant des accents. Une période de dépôt prioritaire aura lieu avant une ouverture à tous.

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Les noms de domaine français vont enfin pouvoir s’écrire sans faute d’orthographe. L’Afnic va accueillir les caractères nécessaires à l’écriture de la langue française et des langues régionales. En complément des traditionnels chiffres (0, 1, 2, 3…) et lettres actuelles (a, b, c, d, e…), des caractères accentués vont faire leur apparition (à, é, ç, æ, ô, ñ, ß, ï…). Il s’agit d’IDN (Internationalized Domain Name) qui correspondent à d’autres caractères que les historiques ASCII (American Standard Code for Information Interchange).
Cette évolution concerne l’ensemble des extensions gérées par l’Afnic et récemment ouvertes aux Européens, soit le .fr mais aussi le .pm (Saint-Pierre et Miquelon), .re (La Réunion), .tf (Terres australes et antarctiques françaises), .wf (Wallis et Futuna) et .yt (Mayotte).

Faire jouer la clause d’antériorité

Du 3 mai au 3 juillet 2012, une période d’enregistrement particulière (sunrise period) aura lieu pour éviter l’indélicatesse d’un cybersquatting sauvage. Les détenteurs de noms de domaine ASCII auront la priorité pour déposer leurs versions IDN. Le titulaire de meteo.fr pourra utiliser via ce procédé d’antériorité (grandfathering) pour enregistrer en sécurité météo.fr. A partir du 3 juillet 2012, l’attribution des IDN en .fr et autres extensions ultramarines françaises se fera sur la base du « premier arrivé, premier servi ».
Cette réforme touche potentiellement de nombreux titulaires de .fr. Dans son observatoire 2011 du marché des noms de domaine en France, l’Afnic a noté parmi les principaux termes utilisés dans les nouveaux .fr : beauté, déco, création, électricité, gîte, hôtel, rénovation, santé ou sécurité, tous actuellement écrits sans leurs caractères diacritiques.

Les IDN existent déjà en .com, .eu, .de…

L’annonce de l’introduction des IDN en .fr a engendré des critiques des titulaires de noms de domaine ou ayants droit concernés, n’y voyant pas d’intérêt mais seulement un coût supplémentaire. Les autres réprimandes entendues concernent une perte de repère et de simplicité pour l’utilisateur.
Pourtant, les extensions génériques (.com, .net, .org, .info, .biz, .eu…) proposent les caractères accentués depuis des années. L’extension française était une des dernières des pays développés à ne pas avoir franchi le pas. A titre comparatif, notre voisin allemand .de autorise 93 caractères spécifiques dans son extension nationale depuis 2004, et compte actuellement 590 000 noms de domaine enregistrés contenant des IDN, soit 4 % de son parc de 14,8 millions.
A mon avis, les marques accentuées notoires en France (Allociné, Citroën, Crédit Mutuel, Nestlé, Société générale, Vente-Privée…) ne pourront pas se passer d’un dépôt préventif à l’identique. La crème des noms premiums fera également l’objet d’enregistrement « GrandFathering » (café, château, crédit, hôpital, prêt, régime…), compte tenu de leur valeur marchande potentielle. Les noms géographiques des cités françaises les plus peuplées seront aussi demandées (saintétienne.fr, orléans.fr, créteil.fr, mérignac.fr, chambéry.fr…).

Jean-François Poussard

Depuis 2004, Jean-François Poussard est un spécialiste du marché des noms de domaine. Il en maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : juridique, marketing, communication, référencement, technique et administratif. Il conseille les plus grandes sociétés françaises et européennes dans leur stratégie mondiale de dénomination.

Au printemps 2010, il rejoint l'agence internet Systonic pour y diriger le nouveau département sur les noms de domaine, baptisé Prodomaines.

Il promeut également la plate-forme Keep Alert de Systonic, qui surveille les noms de domaine, les réseaux sociaux, les régies publicitaires (Google Adwords), le plagiat de contenu, etc., afin d'aider les marques à lutter contre des agissements frauduleux (cybersquatting, détournement de trafic et de notoriété...).

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