Open data : les bénéfices ne sont pas là où on les attend
Selon un récent ouvrage d’un responsable de la Cantine numérique rennaise, les retombées économiques de l’open data ne sont pas à chercher dans la vente d’applications mais dans nombre de gains indirects.
Comment mesurer les retombées économiques de l’open data ? La question est sensible, rarement abordée et souvent contestée. On lira donc avec intérêt le récent ouvrage de Simon Chignard, vice-président de la Cantine numérique rennaise qui, pour rappel, a été partie prenante dans le premier chantier municipal en France d’ouverture des données publiques. La thèse du livre : les bénéfices de l’open data ne sont pas là où on les attend communément. En l’occurrence pas, ou peu, au niveau du marché des applications.
Une matière première de choix pour l’entreprise
« Ce serait trompeur de limiter ces bénéfices à la somme des revenus générés par les applications destinées à représenter et à mettre en forme les données de l’open data », avance Simon Chignard. Principale raison évoquée : la moyenne des ventes ne reflètent pas la réalité. Car seules quelques applications remportent le jackpot, les autres ramassant les miettes. « Il est très dur de rentabiliser des applications mobiles. Je l’ai constaté à Rennes, et partout ailleurs », poursuit-il.
Mais qu’on se rassure, l’ouvrage dresse d’autres pistes de gains, trop souvent ignorées. Il souligne, en particulier, les cas où les données publiques deviennent une matière première précieuse pour orienter la stratégie commerciale ou marketing des entreprises. « Ici, l’exploitation des gisements publics ne se traduit pas nécessairement par une application. Je pense, par exemple, au promoteur immobilier qui s’appuie sur les données de transport pour savoir où et comment investir » explique Simon Chignard. Selon lui, de très nombreux jeux de données techniques sont ainsi téléchargés sans que l’on sache exactement comment ils sont exploités par les entreprises.
Des gains indirects mais bien réels
Bien que peu mis en avant, le marché de l’enrichissement, du croisement et de la médiation de données constitue une autre source solide de retombées économiques. Notons au passage que bien des projets prometteurs participant au concours des Dataconnexions (organisé par Etalab) appartiennent à cette catégorie.
Viennent ensuite les gains indirects. Comme ceux récoltés par les administrations elles-mêmes, détaille le livre. « Lorsqu’un département d’une mairie expose ses données selon des interfaces normalisées, les autres départements en profitent toujours. Ils sont parmi les principaux consommateurs. » En ce sens l’open data participe à la modernisation de l’Administration.
Enfin, ce sont les développeurs eux-mêmes qui récoltent les fruits de cette ouverture des données. Certes pas d’un point de vue financier, on l’a vu. « En revanche, ils tirent une reconnaissance et une visibilité de leur travail et de leurs applications. Au point que certains sont embauchés ou promus au sein de leur entreprise. Finalement ces développeurs sont animés par les mêmes motivations que ceux des communautés open source. »
On l’a compris : les retombées de l’open data existent bel et bien mais sont largement diffuses et, par conséquent, très complexes à mesurer.
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