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Un ou plusieurs réseaux sociaux dans l’entreprise ?

Pour aider les entreprises à conserver les multiples plates-formes 2.0 qu'elles utilisent en interne, les éditeurs vont devoir standardiser et interconnecter leurs outils.

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Après avoir lancé des pilotes et des expérimentations de réseau social interne, les entreprises se demandent désormais comment les généraliser à toute l’organisation. Une question apparaît alors systématiquement : faut-il un seul réseau social unifié, central, global, ou plusieurs réseaux sociaux avec des périmètres fonctionnels spécifiques ?
 

Des débuts sans règles

Les premiers réseaux sociaux d’entreprise (RSE) ont bien souvent été mis en place par les métiers : ici le commerce pour favoriser l’échange de bonnes pratiques, là la production pour favoriser l’innovation… De nombreux éditeurs proposent leurs services en SaaS, ce qui a aidé à ne pas impliquer la DSI. Résultat : un groupe comme GDF Suez dispose aujourd’hui d’une quinzaine de réseaux sociaux d’entreprise fournis par au moins cinq ou six éditeurs différents. Et la plupart des grands groupes sont dans la même situation.
De nombreuses raisons incitent à rationnaliser le tout. La première provient, étonnamment, des utilisateurs eux-mêmes. Gérer de multiples comptes sur plusieurs réseaux sociaux de l’entreprise est quasiment impossible. Les RSE sont souvent « vendus » pour réduire l’infobésité, mais les collaborateurs sont en réalité forcés de se connecter sur plusieurs plates-formes pour tout suivre.
La seconde raison concerne les coûts et l’énergie dépensée par les équipes projet de chaque réseau social pour faire évoluer la plate-forme avec les éditeurs. Enfin, les travaux de branchement entre les RSE et le reste du SI sont à refaire pour chaque plate-forme (SSO, synchronisation LDAP, import automatiquement de flux RSS et synchro de données). Un comble pour un outil censé casser les silos et mutualiser lesbonnes pratiques !

Les schémas classiques ne fonctionnent cependant pas pour le social software

Il est très tentant de faire table rase de tous les réseaux déjà en place et de penser globalement le déploiement d’une plate-forme unique basée sur les technologies et les briques déjà présentes dans l’organisation. Cela revient à appliquer aux RSE le schéma classique de gouvernance centralisée du SI. Oui, mais voilà, au moins trois complications viennent contrarier cette vision.
1 – On sait depuis plusieurs années que ce sont les usages qui priment et qui aident à définir le périmètre fonctionnel du RSE. Démarrer une démarche de transformation par l’outil n’est pas la solution.
2 – Les fournisseurs déjà présents dans l’entreprise manquent parfois d’innovation. Déployer un réseau social global dans une grande entreprise revient dans la majorité des cas à mettre du Microsoft ou de l’IBM. Si Lotus Connection est effectivement considéré comme une plateforme de RSE, ce n’est pas encore le cas de Sharepoint. Dans tous les cas, on est bien loin des innovations proposées par les pureplayers comme Bluekiwi, SeeMy, Jamespot ou Knowledge Plaza. Orange ou encore L’Oréal l’ont appris à leurs dépens. Leur réseau global est moins utilisé que ceux lancés en catimini à l’échelle d’un département et basés sur des solutions au périmètre fonctionnel dédié à leurs besoins spécifiques.
3 - Enfin, les entreprises vivent de rachats, fusions, acquisitions et cessions. Dans ce contexte, l’annuaire unique est bien souvent un mythe. Et, si un déploiement global est envisageable sur le papier, la réalité nécessite toujours plusieurs années de travaux. C’est autant de retard imposé à l’entreprise dans sa transformation vers l’entreprise 2.0.

La standardisation et l’interconnexion

La solution à cette problématique existe pourtant déjà sur internet. Il est possible de poster une vidéo Youtube sur Facebook, de republier ses tweets sur Linkedin ou encore de s’authentifier sur Zoho avec son compte Google Apps. La même intégration est attendue des réseaux sociaux d’entreprise. Ainsi, la présence de plusieurs RSE dans l’entreprise offrira une vue non unique mais unifiée des choses.
Si tous les éditeurs proposent des API, toutes les solutions n’ont pas le même niveau d’ouverture. La généralisation d’OAuth, de SAML v2 ou encore d’Activity Stream va dans le bon sens. Mais il faudrait aussi – contexte oblige –prendre en charge le protocole Exchange, et peut-être Lotus, ou encore l’interconnexion avec Sharepoint.
C’est à ce prix d’ouverture d’esprit des entreprises et d’investissements de la part des éditeurs que la reprise en main, malgré tout souhaitable, des projets de réseaux sociaux d’entreprise par les DSI ne se soldera pas par un étouffement des usages. Les métiers, départements, filiales ou projets qui le souhaitent pourront continuer d’utiliser des plates-formes de réseau social d’entreprise spécifiques sans pour autant recréer des silos : ces solutions seront totalement ouvertes, et le SI des entreprises, prêt à les recevoir.

Emmanuel Douaud

Emmanuel Douaud est le fondateur et dirigeant de l’éditeur SeeMy, une plate-forme de Réseau social d’entreprise. Diplômé d’un master des technologies du commerce électronique et d’un MBA, il a travaillé chez Thales, Sogeti, Orange R&D, et il est passionné par les apports des nouvelles technologies sur nos vies (personnelle et professionnelle). On peut le retrouver sur Twitter.

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