Salon HIT : le dossier pharmaceutique, une leçon de pragmatisme
En moins de quatre ans, ce dossier aura séduit 20 millions de patients et la quasi-totalité des pharmacies. Sa force : des services concrets dans l’encadrement des soins.
Il a de quoi faire rêver son jeune cousin, le dossier médical personnel (DMP) : depuis décembre 2008, date de son autorisation, le dossier pharmaceutique informatisé est exploité dans presque toutes les pharmacies d’officine de France. Seules 700 lui résistent encore. En tout, plus de 20 millions de Français en ont ouvert un (alors que 120 000 DMP ont été créés depuis janvier 2011). Les raisons d’un tel succès ? Sa répercussion directe sur la qualité des soins.
Des alertes pour les contre-indications
« Chaque semaine, 1,5 million de Français bénéficient de la coordination des informations entre pharmacies », a avancé Isabelle Adenot, présidente du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens lors d’une table ronde organisé au salon HIT. Le dossier référençant les médicaments prescrits à un patient sur les quatre derniers mois, les pharmaciens sont alertés en temps réel sur les éventuelles contre-indications. « On évalue le nombre de modifications de traitements dues à cette possibilité de vérification à 810 000 par an. A chaque fois, le pharmacien a appelé le médecin prescripteur pour qu'il revoit son ordonnance. »
L’explosion du DMP suivra les mêmes règles
Autre bénéfice : les alertes liées au retrait de médicaments décidé par l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). Celles-ci sont répercutées en seulement trente-cinq minutes grâce au dossier, alors qu'auparavant, le blocage des médicaments n'était pas effectif avant vingt-quatre heures. Ce sont donc des services concrets et mesurables qui ont suscité la bienveillance, et surtout l’attention, des pharmaciens et des patients.
Sans doute le DMP aura-t-il besoin de services analogues pour décoller à grande échelle. Des avancées notoires dans la coordination des soins et dans le parcours du patient, par exemple. Rappelons cependant que les contraintes du DMP sont bien plus lourdes que celles du dossier pharmaceutique (par ailleurs, tous deux amenés à dialoguer). Car il est censé héberger des documents de nature bien différente, qui doivent être conservés durant toute la vie du patient.

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