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Semaine européenne de l'open data : que de chemin parcouru en deux ans

La manifestation, qui se tenait à Nantes, a été l’occasion de dresser un bilan optimiste des premiers projets d’ouverture des données publiques. Sans ignorer pour autant les réelles difficultés du terrain.

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« Il faut arrêter de se flageller, l’open data français n'est pas en retard. La preuve : d’ici à dix-huit mois, 11 des 15 premières villes qui l'ont adopté auront ouvert leurs données. » D’emblée, Charles Nepote, de la Fing (Fondation internet nouvelle génération) pose le ton de cette semaine européenne de l’open data, qui se déroule à Nantes. Son optimisme, il le doit également à tout ce qui a été réalisé depuis 2011.
Car au-delà des projets locaux menés par les collectivités, on peut citer la création d’un plate-forme nationale (data.gouv.fr), l’obtention d’un quasi-consensus autour des licences encadrant la réutilisation des données (structurée autour d’ODBL et de la licence ouverte) ou, plus original, l’ouverture pratiquée par certains organismes privés comme la SNCF ou Lyonnaise des eaux. A tout cela, bien sûr, s'ajoutent « les initiatives citoyennes qui s’emparent du sujet, telles que Regards citoyens ou la communauté OpenStreetMap », insiste, de son côté, Claire Gallon, de l’association LiberTic.

Des bénéfices d’ores et déjà tangibles pour les collectivités

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Si les gains de l’open data restent encore complexes à mesurer dans leur globalité, il semble évident que les administrations en retirent des bénéfices concrets. « L’open data est un levier interne de modernisation des acteurs publics », explique Charles Nepote, qui avance en premier lieu la rénovation des systèmes d’information, elle-même induite par des efforts de recensement des données. Cette modernisation se manifeste également par un décloisonnement des services, désormais à même d’exploiter mutuellement leurs données. Enfin, elle s’inscrit dans une amélioration de la qualité des données, à l’image du chantier mené par le département de Saône-et-Loire (71). « Nous avons été un peu déçus par la faible exploitation de nos données par les citoyens. Mais ce projet aura permis, pour la première fois, de réaliser un inventaire de nos informations. Les différents services ont par ailleurs planché sur l’amélioration des processus de création des données », détaille Pierre-Paul Penillard, chef de projet open data au Conseil général 71.

Des difficultés nombreuses et connues

Charles Nepote et Claire Gallon
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Pour autant, personne n’est dupe. Les difficultés restent légion, et bien connues. A commencer par le modèle économique des réutilisateurs. « Pour les développeurs d’applications, l’intérêt réside dans les retombées d'image dont ils peuvent bénéficier à l’issue des concours, et non pas dans des retours commerciaux directs », constate Pierre Gilliard, directeur général adjoint d’Aquitaine Europe Communication. La Fing souhaiterait d’ailleurs en finir avec l’obsession des applications. « L’open data ne doit pas être que mobile. Il pourrait aussi se déployer sur des panneaux d’affichage, dans les halls d’immeubles, ou dans les transports », espère Charles Nepote.

L’animation de communauté, indispensable

La Fabrique de Nantes
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Autre difficulté, le travail indispensable d’animation à mener tant auprès des services internes de l’administration que des communautés amenées à consommer ces données et à développer des services. L’émulsion de cet écosystème très varié mobilise beaucoup de temps, d’énergie et souvent de gros moyens. Rennes, par exemple, a déboursé 50 000 euros en communication autour de son concours. Soit l'équivalent de la dotation du concours lui-même…
D’autres problématiques, tout aussi centrales, ont été abordées : le besoin de mutualiser les plates-formes à l’échelle régionale, le rôle et les retombées des concours d’application, les projets de standardisation de données ou encore les impacts juridiques de l’open data sur les collectivités. Autant de thèmes sur lesquels nous reviendrons.
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