Programmer ou être programmé
Rendre la filière numérique plus attrayante, c’est avant tout démarrer beaucoup plus tôt l’apprentissage de l’informatique. Mais attention ! Il ne s’agit pas de se cantonner au dialogue de surface avec les ordinateurs en manipulant des interfaces tactiles ou des logiciels prêts à l’emploi. Dans son livre Program or Be Programmed, paru en 2011, l’essayiste et écrivain Douglas Rushkoff affirme que la programmation, comme l’écriture ou l’imprimerie en leur temps, constitue l’une des rares opportunités qu’a eu l’être humain, d’agir sur son environnement tout en le créant par le texte. Pour lui, la programmation peut devenir un moyen d’accéder à la connaissance, et donc à la liberté. Mieux comprendre les systèmes et la manière dont ils sont conçus aide à mieux les accepter, les modifier, voire les contourner.
Et il ne suffit pas d’offrir l’accès au haut débit ou à des ordinateurs moins chers afin de réduire la fracture numérique et de donner envie aux hommes et aux femmes de travailler dans cet univers. Il faut véritablement se plonger dès son plus jeune âge au cœur de cette matière du numérique. A travers un enseignement qui peut être ludique et rigoureux, des pistes existent pour former les futures générations à coder, même sommairement.
L'influence du patron de Google sur le ministère de l'Education britannique
Aux Etats-Unis, les manuels scolaires de mathématiques proposent depuis des années aux enfants de tester leurs équations en langage basic. Au Royaume-Uni, c’est le patron de Google, Eric Schmidt, qui a rué dans les brancards à l’été 2011, expliquant qu’à force de ne pas enseigner la programmation à l’école, ce pays était en train de se débarrasser d’un important héritage informatique. Ni une ni deux, le gouvernement britannique a réintroduit dès cette rentrée la programmation informatique dans plusieurs cursus. Si la France veut devenir une grande nation du numérique, il faut des gens qui en comprennent toutes les facettes. Et cet apprentissage doit commencer le plus tôt possible.
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