Les boutiques de contrefaçon en première page de Google
01net.
le 05/07/12 à 10h15
La Chambre de commerce internationale estime à plus de 1 000 milliards de dollars par an les
pertes liées à la contrefaçon pour l'économie mondiale. Ce phénomène s’est considérablement développé sur internet. Les contrefaisants incluent le nom de la marque visée dans les noms de domaine qu'ils utilisent pour ces sites contrefaisants. Les préjudices financiers grimpent quand ces fausses boutiques se positionnent dans les premiers résultats des moteurs de recherche.
Saisissez la requête « Louboutin » sur Google France. Vous serez étonné de constater l’affichage de sept boutiques contrefaisantes dans les dix premiers résultats. Référencer ce type de boutique avec de mauvaises intentions s’appelle le « Black Hat SEO ». Ces derniers mois, les sites de contrefaçon arrivent à se placer dans les tout premiers résultats des moteurs de recherche. Ils ont appréhendé rapidement les algorithmes des moteurs pour bénéficier d’une audience maximale. Ces sites esthétiquement aboutis proposent à des tarifs discounts des produits de contrefaçon. L’internaute moyen peut rapidement être trompé par les images des produits souvent extraites des sites officiels.
Quand la requête sur une marque comme Lancel vous propose, en deuxième résultat, le nom de domaine lancelbrigittebardot.com, le site bénéficie de la confiance de l’internaute. Il interprète ce référencement optimal comme un gage de sûreté. Quelques indices peuvent l’alerter. En regardant de plus près le texte associé au site lancelbrigittebardot.com, il pourrait remarquer l’absence de « e » à « meilleur qualité » ou « site official » à l’anglaise, au lieu d’officiel en français.
Buy, shop, store associé à la marque dans le nom des fausses boutiques
Le livre blanc sur le cybersquatting publié par
Keep Alert, plate-forme de surveillance de marques sur internet, a révélé que 59 % des noms de domaine litigieux contiennent la marque visée. Elle est associée à des termes génériques comme « buy » (3,3 % des décisions UDRP, Uniform Domain Name Dispute Resolution Policy en 2011), « shop » (3,2 %), « sale » (2,4 %), « store » (2 %) ou « outlet » (1,3 %). L’industrie de la mode (25 % des requérants auprès de l’OMPI) est particulièrement touchée avec des litiges gagnés pour les ayants droit contre des boutiques contrefaisantes comme calvinklein-boxers.com (D2011-1754), prada-sitoufficiale.org (D2011-2020) ou vipcrocs.com (D2011-1493).
Une stratégie efficace pour identifier les sites contrefaisants consiste à détecter, et suivre au fil du temps, l’ensemble des noms de domaine enregistrés reprenant une marque à l’identique, au contenant ou à l’approchant (typosquatting). Parmi les noms de domaine identifiés, il faut ensuite cibler prioritairement ceux qui sont associés à des boutiques en ligne. Il est nécessaire de rechercher la présence d’autres noms de domaine figurant sur la même adresse IP. Enfin, il fconvient de collecter le plus d’indices caractéristiques d’une activité illicite : tarifs anormalement bas, présence de fautes d’orthographe, reprise non autorisée d’images ou de textes de sites officiels, utilisation de « registrars » sensibles…
Afin de lutter contre les boutiques de contrefaçon en ligne, il est recommandé de :
• Mettre en place une surveillance de noms de domaine correspondant aux marques de la société ;
• Détecter les changements d’usage des noms de domaine « monitorés » ;
• Mener des actions juridiques en cas de préjudices financiers ;
• S’assurer de la bonne récupération des noms de domaine litigieux avec votre registrar.
Jean-François Poussard
Depuis 2004, Jean-François Poussard est un spécialiste du marché des noms de domaine. Il en maîtrise l'ensemble des enjeux transversaux : juridique, marketing, communication, référencement, technique et administratif. Il conseille les plus grandes sociétés françaises et européennes dans leur stratégie mondiale de dénomination.
Au printemps 2010, il rejoint l'agence internet Systonic pour y diriger le nouveau département sur les noms de domaine, baptisé Prodomaines.
Il promeut également la plate-forme Keep Alert de Systonic, qui surveille les noms de domaine, les réseaux sociaux, les régies publicitaires (Google Adwords), le plagiat de contenu, etc., afin d'aider les marques à lutter contre des agissements frauduleux (cybersquatting, détournement de trafic et de notoriété...).