Astreintes : ces informaticiens shootés à l’urgence
Une étude classe les fonctions IT les plus exposées à des contraintes de disponibilité. Sans surprise, on trouve le DSI, l’expert en sécurité ou le responsable de datacenter.
« Je dois être de garde de nuit afin d’avoir la possibilité de réaliser un travail de qualité de jour. » Ce propos d’un DSI américain pourrait faire sourire, s’il n’illustrait pas un quotidien vécu par un certain nombre de professionnels de l'informatique.
Dans un monde ultrarapide et ultraconnecté, la disponibilité permanente 24/7/365 ressemble de moins en moins à un cliché. Une étude (*) menée par Emerson Network Power, spécialiste de la protection et de l’optimisation des infrastructures critiques, classe ces fonctions IT « always on ». C’est-à-dire les plus sujettes à être opérationnelles en permanence.
Sans surprise, on trouve en tête du classement les cadres dirigeants. A commencer par le DSI. L’exigence de son titre l’oblige à prendre des décisions importantes et à tout moment. Certains DSI interrogés déclarent devoir être disponibles pour prendre les appels d'urgence jusqu'à être suivis à la trace sur leur lieu de vacances.
Ses adjoints ne sont pas mieux lotis. Le directeur ou responsable informatique peut être appelé à tout moment en cas d'urgence ou de tâches de routine, y compris de nuit et le week-end. « Une faille de sécurité signifie que je dois faire l'impasse sur une soirée avec ma femme », avance un directeur informatique européen du secteur financier.
Certains opérationnels doivent être également sur le pont lors de tâches de maintenance ou à l’occasion d’une panne. Un responsable de datacenter se compare d’ailleurs aux machines qu’il supervise : « Je dois rester en marche, tout comme un système doit fonctionner 24 heures par jour, tout au long de l'année. »
Le stress mêle souffrance et satisfaction au travail
Le stress est d’autant plus important que le professionnel n’a pas la maîtrise totale des décisions. Plus de la moitié (57 %) des spécialistes de la sécurité IT estiment ainsi que le succès des opérations dépend d'éléments qu'ils ne contrôlent pas.
Plus en retrait, les développeurs n’en sont pas moins pris par le sentiment d’urgence. Les programmeurs interrogées sont 87 % à dire que les autres dépendent en grande partie de leur travail. Pour autant, un tiers déclare ne pas avoir le temps de produire du travail de qualité. Cette perception de travail bâclé passe à 58 % pour les responsables de bases de données.
Enfin, l’enquête rappelle que le stress mêle étroitement souffrance et satisfaction au travail. « Certaines personnes interrogées se disent fières de faire un excellent travail dans un métier difficile, d'autres déclarent même "j'adore mon travail !" »
(*) L'enquête en ligne a été menée au cours du mois de février auprès d'environ 800 professionnels de l'informatique en Asie, Europe, Amérique latine et aux Etats-Unis.
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