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Mobiles professionnels : les Français craignent pour leur vie privée

Afin de mesurer de façon objective la perception qu'ont les Européens du numérique, 01 s'associe à BVA et à Syntec numérique pour établir un baromètre sur l'innovation en Europe et le moral économique des éditeurs.

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Quel est le rapport des Européens avec leurs équipements numériques ?

Telle est la question posée par cette cinquième édition du Baro­mètre BVA-Syntec numérique, réalisé en partenariat avec 01 Busi­ness & Technologies. L’étude s’est également attardée sur leur perception de l’équilibre entre vies privée et professionnelle face à l’usage des technologies de l’information.
D’abord, le taux de pénétration d’inter­net est plutôt bon  : 68 % des Européens disposent d’un accès sur leur lieu de travail et presque autant (64 %) d’une messagerie en ligne. Plus d’un sur deux déclarent utiliser des matériels informatiques modernes et de logiciels efficaces et récents. Les Français ne sont pas en reste sur ce matériel, devenu nécessaire voire indispensable. En revanche, alors que les autres grands pays européens s’ouvrent largement aux smartphones (plus de 20 % d’utilisateurs dans quatre de ces Etats) ou aux réseaux sociaux (plus de 40 % hors de France), l’Hexagone est à la traîne : seulement 8 % des Français ont un smartphone fourni par leur employeur et 31 % un accès aux réseaux sociaux. Ce qui tendrait à prouver une certaine méfiance des entreprises envers ce type d’outils, qui peuvent être utilisés à d’autres fins que le seul travail.

Le coût des équipements interpelle les entreprises

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Ces résultats illustrent la dualité vis-à-vis du numérique : les nouveaux terminaux aident à rester connectés et favorisent donc le travail en dehors du bureau. Mais ils offrent également la possibilité de traiter des données personnelles au sein de l’entreprise.
Visiblement, l’arbitrage en faveur du numérique a déjà été fait dans les autres pays européens, tandis que la question reste posée en France. Ce retard n’est pas forcément de la responsabilité de leurs employeurs. A l’inverse des Français, tous les autres Européens jugent que ces équipements nomades sont une chance. Parmi eux, 61 % de Britanniques et 75 % d’Italiens (voir infographie ci-contre). Les Français, eux, sont 59 % à penser que ces terminaux les empêchent de séparer vies professionnelle et privée. Il y a là un vrai clivage, signe que nos concitoyens restent encore très prudents lorsqu’on aborde le sujet du numérique. Ce qui explique sûrement le développement assez faible du télétravail sur notre territoire, alors que celui-ci offre pourtant d’importantes opportunités de création d’emplois.
Cette différence culturelle majeure serait vraisemblablement la cause du retard pris par notre pays lorsqu’il s’agit d’investir massivement dans le numérique. Un phénomène qui touche autant la très petite entreprise que le plus haut niveau de l’Etat. Une caractéristique typique du peuple français : il aime l’innovation, mais il s’inquiète en permanence pour sa liberté, qu’il estime facilement menacée… En ces temps de croissance molle, et alors que l’économie numérique constitue l’un des rares relais de croissance et de création d’emplois dont dispose notre pays, cette originalité française pourrait fort bien constituer un frein à notre développement.

Un avantage concurrentiel face aux pays émergents

Chance ou menace, les Français (comme les autres Européens, mais un peu moins quand même) demandent clairement à leur Etat « d’investir davantage dans le numérique plutôt que dans d’autres secteurs, car c’est un des rares domaines dans lequel les Occidentaux jouissent d’un avantage concurrentiel sur les pays émergents  ». Ce souhait concerne 76 % des Européens, soit près de 80 % d’Espagnols, d’Italiens et de Britanniques, et plus de 75 % des Allemands. Les Français, eux, sont tout de même plus de 60 % à partager ce souhait.
Cette évidence, martelée en permanence par toutes les associations du monde du numérique, est donc partagée par l’ensemble des peuples européens, Français inclus. C’est un message fort pour nos gouvernants, qui doivent maintenant prendre conscience du formidable potentiel du numérique pour le placer au centre de tous les projets d’investissements. La seconde partie du Baromètre mesure la santé du secteur français du logiciel. Sur ce sujet, nous assistons à un net regain de confiance.

Les éditeurs de nouveau optimistes

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Dans le climat de craintes sur fond d’effondrement de la zone euro, notre panel d’éditeurs manifeste un enthousiasmant optimisme. Après avoir chuté à 44 % en décembre dernier, le taux de confiance en l’avenir poursuit sa remontée spectaculaire : 10 points de plus en mars et encore 6 points supplémentaires en juin, soit 60 % d’éditeurs plus rassurés sur l’avenir de la situation économique de leur entreprise. Réciproquement, la majorité d’entre eux (54 %) est en ligne avec ses objectifs, comme c’était déjà le cas le trimestre dernier, contrairement au calamiteux mois de décembre 2011. Conséquence logique, mais que nous ne mesurions pas (encore) lors du Baromètre précédent, les éditeurs sont de nouveau une majorité à prévoir d’augmenter leurs effectifs cette année (55 % contre 48 % en mars). Enfin, 70 % des éditeurs ont prévu d’investir sur de nouveaux projets dans les trois mois à venir.
Pourvu que leur moral – et celui des Français, lui aussi redevenu positif pour la première fois depuis bien longtemps – soit contagieux et permette à notre économie de sortir de la morosité de ces trois dernières années ! 

L’échantillon européen repose sur 4 174 personnes et celui des éditeurs sur 101 acteurs français.

Infographies : BVA opinion/Syntec numérique

L’AVIS DE L’EXPERT

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Bruno Vanryb, président du collège éditeurs de Syntec numérique, PDG d’Avanquest Software, et membre du Conseil national du numérique

Les résultats de notre Baromètre sont cohérents avec ceux d’autres études. Le moral économique des Français connaît une hausse générale depuis la présidentielle. Mais si 60 % des éditeurs sont confiants dans l’avenir, ils sont un cas à part, puisque les sondages sur le moral des entrepreneurs restent pour l’instant… dans le rouge. Il faut pourtant reconnaître qu’il y a de quoi être optimiste ! Car 65 % des éditeurs de logiciels interrogés sont en ligne ou dépassent leurs objectifs sur le deuxième trimestre, 55 % vont embaucher et 70  % d’entre eux prévoient d’investir. Ces réponses confirment ce que l’on savait à propos du secteur de l’édition de logiciels. Avec des résultats souvent meilleurs que ceux des autres industries, il est un des plus dynamiques de l’économie numérique.

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