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Les systèmes critiques menacés de crash par la seconde en plus

La seconde ajoutée aux 24 heures de la journée du 30 juin pourrait causer des erreurs financières, des interruptions de service.

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Ce samedi 30 juin comptera une seconde en plus. Une seconde qui sert à rattraper les quelques millisecondes de retard que la rotation de la Terre a cumulées certains jours depuis un an et demi. A cause des tremblements de terre et autres effets de marée. Ce sera la 25e fois que l’on ajoute une seconde depuis 1972, année où l’on a observé la première fois que notre planète ne tournait pas aussi régulièrement qu’une horloge atomique.
« Le problème est que l’ajout de cette seconde est aléatoire. On notifie au fur et à mesure les ralentissements de la rotation de la Terre, et on décide pratiquement au dernier moment que l’on va rajouter une seconde. Aucun système informatique ne le sait par avance, et cette seconde en plus arrivera comme un grain de sable en plein milieu de leurs traitements », explique Jean-Yves Courtois, le PDG d’Orolia, qui fabrique des dispositifs liés à la mesure du temps en informatique.

Le même horodatage pour deux événements successifs

La conséquence d’une seconde en plus est que les ordinateurs enregistreront tous les événements qui se déroulent pendant ce laps de temps avec la même date. Et l’on ne saura plus lequel est arrivé après l’autre, lequel a causé l’autre. « En particulier, cela peut engendrer de vrais défauts sur les marchés financiers, avec des actions à la fois disponibles à la vente et en même temps déjà achetées », suppose Jean-Yves Courtois.
Il estime aussi que les services cloud pourraient en souffrir. « Google, par exemple, évalue en permanence la latence de ses serveurs pour rediriger les requêtes des internautes vers ceux qui répondront le plus vite. Une seconde en plus dans le calcul du temps peut corrompre toute cette évaluation et rendre indisponible des services », explique-t-il.  Typiquement, des sites d’e-commerce risquent de rater des occasions de vente, des fichiers risquent de ne pas s’enregistrer en ligne.

Incompatible avec les GPS

La seconde en plus pourrait perturber les distances entre les avions.
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« Tout cela n’est pas très grave. On ne risque pas la mort d’homme. En revanche, il en sera autrement quand cette seconde pourra perturber les distances entre les avions », lance Jean-Yves Courtois ! Car voilà le problème : l’ajout aléatoire de cette seconde se fait manuellement. C’est-à-dire pas forcément partout, et pas forcément en même temps.
Ce qui pose un problème de synchronisation aux conséquences éventuellement catastrophiques. « A partir de 2020, le système ADS-B commandera aux avions de se fier aux GPS pour être à tel endroit du ciel à tel moment, dans le but de densifier la trafic aérien, en rapprochant les avions les uns des autres. Mais si un avion qui a été mis à l’heure obéit à un GPS qui ne l’a pas été, il se trompera de position, entrera en collision avec un autre ou encore atterrira au mauvais moment et à la mauvaise altitude  », prévient-il ! Une seconde peut engendrer jusqu’à 300 000 kilomètres de décalage dans l’espace…

La France s’oppose à la définition d’une solution

Pour régler tous les problèmes, il faudrait juste définir un standard afin que tous les ordinateurs du monde changent d’heure en même temps. Par exemple, en obligeant tous les systèmes informatiques à interroger régulièrement un serveur pour connaître à l’avance l’arrivée prochaine d’une seconde en plus. Puis, en leur demander de ralentir leur horloge de 0,1 % pendant les 1 000 secondes qui précèdent cette seconde en plus, afin qu’il n’y ait pas d’erreur d’horodatage.
L’ITU (Union internationale des télécoms) devait définir ce standard en janvier 2012, mais, sous la pression des transports aériens, des marchés financiers et mêmes de certaines religions ou de certains Etats (dont la France et les USA), la date butoir a été repoussée à 2015.
Ceux qui sont contre le standard avancent qu’il serait plus simple pour les traitements informatiques d’oublier purement cette seconde en plus. « Il est vrai qu’il faudrait attendre environ 500 ans pour que la date atomique cumule une heure de retard sur la date solaire », reconnaît Jean-Yves Courtois.
Pour le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Chine ou encore la Canada, être à la bonne heure est une question de principe.
Pour l’instant, tous les systèmes Unix (Linux, Mac OS X …) se remettent à la bonne date chaque jour à minuit UTC, en demandant l’heure à un serveur de temps (NTP). Les PC Windows et les smartphones font de même, mais quand ça leur chante. Les systèmes critiques et les ordinateurs de bord attendant une intervention humaine.
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