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L'offshore n'accaparerait pas 5 %, mais 10 % des prestations

Selon une étude d’Offshore Développement, les chiffres actuels ne prennent en compte ni les projets mixtes, ni ceux sous-traités par des SSII occidentales.

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Que pèse vraiment l’offshore IT en France ? Fin 2008, Syntec évaluait le phénomène entre 4 et 5 % des prestations de service. Depuis, le syndicat professionnel n’a plus livré de chiffres. On était donc resté à ce chiffre de 5 %, par ailleurs repris grosso modo par les cabinets d’analystes.
Aujourd’hui, une étude d’Offshore Développement estime qu’il faut doubler la mise. Après avoir interrogé un panel de décideurs IT(*), cette place d’intermédiation entre sociétés françaises et prestataires étrangers en conclut que « la part de l’offshore dans la vente des services est actuellement plus proche des 10 % ».
Les chiffres publiés seraient faussés parce qu’ils ne tiennent pas compte des projets « mixtes », dont une part parfois significative est réalisée dans les pays à bas coûts par les entités offshore des SSII occidentales. Des projets considérés comme locaux par les analystes.
Il en va de même quand une SSII occidentale sous-traite une partie d'un chantier à un acteur indien. Enfin, les prestations assurées en direct par un donneur d’ordre via un centre captif basé au Maroc ou en Roumanie ne seraient pas non plus comptabilisés.

L'externalisation lointaine par opportunité... ou contrainte

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Selon l’étude, l’offshore IT connaît une forte croissance et pourrait atteindre les 15 % des prestations en 2013 ou 2014. Quelque 55 % des sondés estiment ainsi que la part de l’offshore va croître, soit de façon ponctuelle, par opportunité, soit sous la contrainte. Une contrainte qui peut être à la fois interne (la pression de la direction générale) ou externe (le marché étant concurrentiel).
L'étude n'apporte, en revanche, aucune nouveauté sur les domaines « offshorisés ». On trouve, sans surprise, 25 % de développement, 24 % de tierce maintenance applicative, 15 % de migration, 19 % de support applicatif et la 15 % de R&D.
De même, les principales motivations qui poussent à l'externaliser à l’étranger ne surprennent guère. Le coût et la pénurie de compétences arrivent en tête de liste. Signe de maturation du marché, les freins à l’offshore sont désormais clairement identifiés : management, pilotage de projet et problèmes culturels.
Parmi les facteurs clés de réussite, les dirigeants mettent en avant le fait d’avoir des chefs de projet français rompus à l’offshore ainsi qu’une tête de pont chez le prestataire voire sur place. « Les entreprises françaises savent maintenant comment fonctionne l’offshore. Certains projets sont rapatriés, d’autres voient leur part d’offshore progresser », avance Nicolas Goldstein, dirigeant d’Offshore Développement.

« L’offshore n'entraîne pas de baisse de l'emploi en France »

Les entreprises ont aussi appris à identifier les meilleures destinations en fonction de l’expertise recherchée. Dans le palmarès des pays les plus pratiqués, on trouve bien sûr l’Inde, le Maroc, la Roumanie ou la Tunisie, mais aussi des contrées plus exotiques.
Madagascar et l’Ile Maurice dans l’océan Indien, l’Ukraine et la Biélorussie à l’Est, la Maroc pour le Maghreb et le Vietnam en Asie sont perçus comme les pays offrant le plus de potentiel dans les prochaines années.
Enfin, l’étude estime qu’il est faux d’associer offshore et destruction d’emplois en France. Malgré un ralentissement de la croissance dans le secteur informatique en 2012, « il conviendra de faire cohabiter inshore et offshore en bonne intelligence, car les sociétés françaises ont un intérêt économique et stratégique à travailler sur des zones offshore afin de rester compétitives. »
(*) L’étude a été réalisée par courriel et téléphone en mai et juin auprès de 150 directeurs de business unit ou DSI travaillant pour de petites et grandes entreprises évoluant dans différents secteurs d’activité.
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