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Free, un alibi trop facile

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Si crise il y a dans la téléphonie mobile, ce serait donc la faute à… Free Mobile. Incriminant l’arrivée tonitruante de leur rival, deux des trois opérateurs histo­riques vont diminuer leurs effectifs de 5 à 10 % et ré­duire drastiquement leurs dépenses. Mais n’est-ce pas un peu facile d’accuser le tru­blion des télécoms ? Free ne devient-il pas le bouc émissaire d’une situation économique rendue difficile pour d’autres raisons ? Le marché de la téléphonie mobile qui fête ses 20 ans, mais vit ces derniers mois de profonds bouleversements : gé­né­ra­li­sa­tion des smartphones, explosion du tra­fic de données, irruption de la voix sur IP et apparition des offres d’abondance (SMS, MMS, voire voix illimités). Free ne servirait-il donc pas d’alibi à une restructuration désormais inévitable sur ce marché mature ?
Les opérateurs traditionnels ont, en effet, déjà fait plusieurs erreurs par le passé. Ils ont, par exemple, sous-estimé l’appétence pour le low cost qui, en temps de crise, a fait ses preuves dans le transport aérien ou l’alimentation. In fine, ces ha­biles tacticiens ne joueraient-ils pas une carte politique, adressant un avertissement au nouveau gouvernement pour éviter un alourdissement des contraintes réglementaires ou financières pesant déjà sur la filière ?
En fait, l’épisode Free devrait davantage faire réfléchir les opérateurs sur la remise à plat de leur modèle économique et de leurs offres. « Si leurs recettes et leurs marges baissent, ils doivent réduire les coûts de fonctionnement, les investissements et les dividendes qui sont les trois paramètres d’ajustement », leur assénait déjà récemment le président de l’Arcep. Au-delà de leurs offres low cost actuelles, faudra-t-il attendre les solutions 4G pour voir surgir des offres innovantes, en moyen ou haut de gam­me ?
Enfin, les opé­rateurs feraient bien d’accélérer leur ré­flexion sur le partage de réseau, au niveau des antennes-­relais, ce qu’a proposé Orange à ses rivaux. Ce serait là une piste efficace pour résou­dre le redoutable effet de ciseau dû à la baisse des marges, sur leurs investissements à venir dans la 4G.
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