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Le jeu vidéo français veut « se doter d’une identité collective »

Le Syndicat National du Jeu Vidéo vient de publier son référentiel des métiers du jeu vidéo hexagonal, dans un effort de communication, d’information et de consolidation des forces vives d’un média qui évolue à grande vitesse.

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« Il n’y a de richesse que de talents et d’hommes », c’est par ces mots que Guillaume Gaume, nouvellement réélu au poste de président du Syndicat National du Jeu Vidéo (SNJV), a ouvert la présentation à la presse de son rapport sur « l’emploi, les métiers et les rémunérations dans le jeu vidéo » hexagonal. Une fort belle manière de dire que le jeu vidéo français, ce sont surtout des hommes et des femmes, passionnés, qui travaillent en équipe.
Le Syndicat National du Jeu Vidéo, qui représente plus de 200 entreprises du secteur, a donc produit un nouveau référentiel des métiers. Ce portrait a demandé un travail de longue haleine, qui a débuté en septembre 2011 et s’est clos en juillet 2012.
Il fait suite à un premier référentiel des métiers du jeu vidéo, commencé en 2007 et terminé en 2010, mais qui ne s’intéressait qu’à la partie production de cette branche. Cette fois, le SNJV, épaulé par Opcalia, société spécialisée dans l’accompagnement en formation, a décidé « d’affirmer (ses) spécificités (…) pour tenter de se doter d’une identité collective ».

Structurer pour être reconnu

Ce travail, qui a abouti à la structuration en cinq « groupes métiers » (PDF) pour 28 métiers différents « spécifiques » (et autant de fiches détaillées, PDF), ne serait alors qu’une sorte de « connais-toi toi-même » ? Non, pas seulement. C’est un mouvement stratégique qui vise à faire connaître le jeu vidéo hexagonal, aussi bien auprès des étudiants que des départements de ressources humaines ou encore des différentes institutions comme Pôle Emploi ou les centres de formation continue.
Pour Julien Villedieu, délégué général du SNJV, il faut faire comprendre que le jeu vidéo « est une vraie filière, une vraie industrie ». Un secteur qui se classe troisième au niveau européen et septième au niveau mondial, et qui n’a pourtant toujours pas de convention collective dédiée ou de code NAF/APE, qui définit l’activité principale de l’entreprise.
Sur ces derniers points, Nicolas Gaume ne se fait pas « d’illusion, car nous sommes trop peu nombreux ». Julien Villedieu remet les choses en perspective : « Nous assistons actuellement à une rationalisation des conventions collectives, la solution serait l’intégration dans des conventions existantes. » Et de fait, le rapport montre que 53 des 100 entreprises, qui ont répondu aux questionnaires qui a permis la création de ce portrait, ont adopté la convention Syntec, ce qui « montre la filiation informatique du jeu vidéo » pour Julien Villedieu.

A armes inégales

Le jeu vidéo français est donc concurrentiel, malgré les difficultés de financement qui ont une répercussion directe. Nicolas Gaume s’émeut « de ce vrai mal français : la grande mortalité des entreprises de moins de cinq ans ». Une lourdeur spécifique à notre pays, née notamment du manque de communication entre pouvoir public, professionnels et financiers. Un handicap, qui fait qu’en France la disparition des entreprises de moins de cinq ans sur ce secteur est 20 à 30% supérieur à ce qui est observé dans les autres pays européens, en Allemagne et en Angleterre notamment.
Pour autant, l’immense majorité des postes créés dans cette industrie sont des CDI, tiennent à souligner les représentants du SNJV.  Et les disparités salariales sont « liées à la disparité des entreprises (des TPE de deux ou trois personnes jusqu’à Ubisoft, présentes aussi bien en province qu’en Ile de France) mais aussi parce que les salaires évoluent vite », tient à préciser Nicolas Gaume.
L’occasion pour le Président du SNJV d’enfourcher un de ses chevaux de bataille préféré, les aides aux politiques salariales et donc à l’embauche et à l’entreprenariat. « Au Canada, pour tout salaire versé en fin de mois, 47% est remboursé à l’employeur au plus tard le dix du mois suivant », déclare-t-il. Et d’enfoncer le clou avec quatre chiffres. Pour la même période, les emplois dans le secteur du jeu vidéo sont passés à 500 à 15 000 au Québec, tandis qu’ils déclinaient de 7 000 à 4 000 en France.

Un combat titanesque

Et, Nicolas Gaume de conclure : la réalisation de ce rapport est une « grande preuve de maturité de cette filière » et témoigne d’une volonté de « le faire évoluer et de partir à la conquête de parts de marché ». Le jeu vidéo français grandit, croît, malgré un contexte moins favorable qu’à l’étranger. Et le SNJV se prend à rêver, mieux, se donne les moyens pour que ce secteur soit connu, reconnu et promu. Une bataille qui a toutefois des airs de marathon ou d’affrontements avec l’Hydre de Lerne. Mais le jeu vidéo français est plein de vitalité, évolue vite, ses métiers aussi. Le SNJV espère déjà pouvoir actualiser son référentiel des métiers tous les deux ans, pour continuer à « mettre les hommes et les femmes (de ce secteur) en valeur » et porter haut les couleurs du jeu vidéo hexagonal.
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