01Business
Actualités gestion et logiciel informatique professionnel
Offre et recherche Emploi informatique internet
Salon conférences inofrmatique IT ebusiness 01
Le Cloud Computing
Vidéos reportage entreprise acteur informatique
Retrouvez tous les services 01Net dédiés aux professionnels !
Télécharger logiciels Pro et progiciels
Livres blancs e-commerce informatique et nouvelles technologies
Retrouvez l'ensemble des dossiers de la rédaction 01net Entreprise
Les synthèses des bonnes pratiques sur les sujets IT du moment

Vers la fin de la pensée binaire

Au lieu de prédire que l'e-mail est fini ou, à l'inverse, que les réseaux sociaux sont morts, mieux vaudrait conjuguer les deux et sortir du mode binaire qui freine toute adaptation.

laisser un avis
agrandir la photo
Pas un jour ne se passe sans qu'on nous annonce la mort d'une technologie et son remplacement par une autre. Et il en va de même pour les modes de travail, les structures organisationnelles…

Halte à l’inflation des « machin est mort »

Aujourd’hui, tout s'accélère. Les données économiques et sociologiques varient à une vitesse qui nécessite une capacité d'adaptation de plus en plus importante et qui met nos organisations à genoux. Dans ce contexte, il est évident qu'un certain nombre de choses que l'on croyait sinon acquises, tout au moins stables à moyen terme, vont être largement remises en cause.
On connaît les problèmes et à défaut de les avoir forcément compris, on a déjà une idée de leur solution. Et plus le temps passe, plus le décalage entre l'existant et le souhaitable devient évident, plus le besoin de changement devient lui aussi évident, plus le sentiment d'urgence pousse à la radicalisation, si ce n'est des actions, tout au moins des paroles.
C'est ainsi que l'on voit fleurir les déclarations lapidaires du type « machin est mort » ou « machin est le nouveau truc ». Remplacez machin et truc par e-mail, réseaux sociaux, hiérarchie, influence… et vous aurez un panorama assez exhaustif de ce qui se dit dans les milieux influents. A tel point qu'on peut se demander pourquoi un petit malin n'a pas encore proposé un générateur automatique de tweets sur ce modèle.
Il est facile de comprendre le pourquoi de ces déclarations lapidaires, qui sont souvent relativisées par le discours qu'elles précèdent…pour peu que l'audience prenne la peine d'aller au-delà du titre, ce qui n’est pas certain. Nous sommes submergés d'informations, et l'urgence marque nos esprits… et tant que Twitter sera limité à 140 caractères, il en ira ainsi.

La pensée binaire freine notre capacité d’adaptation

Par contre, ironie du sort, cela montre que dans notre volonté de susciter un changement nécessaire, nous restons prisonniers d'un carcan qui est une des raisons majeures pour lesquelles l'entreprise peine à s'adapter.
Dans un système de pensée binaire, le monde est noir ou gris. L'interrupteur est sur 0 ou sur 1. Une pratique ou une technologie est soit morte soit portée aux nues. Est-ce vraiment le mode de pensée qui nous permettra de construire l'avenir ?
Quelques exemples :
- e-mail ou réseau social ? On voit bien qu'au lieu de mourir, les deux semblent converger vers des plates-formes nouvelles
- hiérarchie ou réseau ? L'un est une manière de résoudre de problèmes, l'autre de définir les responsabilités et l'association des deux permet de prendre de meilleures décisions, plus informées. On parle souvent de Wirearchy.
- formation traditionnelle ou social learning ? Et, si la première n'était pas ce qui nous prépare à apprendre efficacement du second ?
Cette liste pourrait se poursuivre à l'envi. Elle nous démontre surtout une chose : s'il est un logiciel que nous devons changer, c'est notre propre logiciel interne qui ne raisonne qu'en termes de OU et ignore le ET.

Utiliser conjointement les deux solutions

Car la pensée binaire présente un triple inconvénient dommageable :
- en excluant plutôt qu'en articulant elle empêche paradoxalement les réponses créatives et innovantes qui sont souvent le fruit de l'utilisation conjointe de deux choses connues.
- dans un environnement complexe où « la » bonne réponse n'existe pas en tant que telle mais est le fruit de la combinaison de plusieurs solutions, elle oblige à choisir entre deux options dont aucune ne répond totalement aux enjeux. Il serait préférable de les associer… Pourquoi abandonner quelque chose qui ne répond que partiellement à un besoin si l'alternative nouvelle est tout aussi partielle tout en y ajoutant une part d'inconnu toujours anxiogène ?
- l'entreprise et les individus qui la composent sont très inconfortables avec l'idée du passage brut d'un état connu à un autre radicalement nouveau, en faisant d'un seul coup table rase de l'existant. Alors que construire le changement sur la partie toujours pertinente de l'existant facilite les choses.
Alors au lieu de détruire et reconstruire, cherchons plutôt à être constructif et à enrichir.

Bertrand Duperrin

Directeur chez Nextmodernity, Bertrand Duperrin accompagne les entreprises dans leur stratégie de transformation et dans la mise en œuvre de nouveaux modes de collaboration et de création de valeur. Il tient également un blog, et on peut le retrouver sur Twitter.

envoyer
par mail
imprimer
l'article
@01Business_fr sur
à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES
Faire la paix avec son intranet pour réussir son réseau social d'entreprise
Le réseau social est le futur de l'intranet. Pour le meilleur ou pour le pire ?
La France veut innover et crée… une nouvelle commission
L’e-mail est mort… vive l’e-mail social !
La relation client à l’heure du web social
Comment favoriser l’échange d’idée et de bonnes pratiques entre salariés
Grosse (Facebook) fatigue
Marketing visuel : Vine, le nouveau venu
Les managers intermédiaires, les boucs émissaires du non-changement
Faux diplômes, faux stages, faux profils…
Gérer les résistances dans les projets de conduite du changement
L'homme collaboratif, un souhait irréalisable ?
La réussite de l'entreprise 2.0 nécessite une méthodologie adaptée
Les cinq clés de réussite d’un réseau social d’entreprise
Quel impact un RSE a-t-il sur le management, la hiérarchie, l'organisation de l'entreprise ?
Landlord, un Monopoly grandeur nature ?
Quand la peur est utilisée pour sensibiliser à la gestion de réputation en ligne
Réseaux sociaux d’entreprise : s’y retrouver dans la jungle des solutions
Un salarié sur Linkedin est un salarié heureux