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Les (vraies) raisons du départ de Sinofsky de Microsoft

À la surprise générale, Microsoft a confirmé hier le départ de l’homme qui incarnait Windows 8 et le renouveau de l’entreprise. Un départ qui a suscité bien des spéculations sur la toile. Mais la vérité semble être ailleurs...

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Le départ de Steven Sinofsky, annoncé hier et effectif immédiatement, a fait couler beaucoup d’encre et courir nombre de rumeurs. Rappelons que Steven Sinofsky dirigeait la division Windows depuis 2006 et qu’il est le père de Windows 7 et surtout de Windows 8 mais aussi de Surface ! Un départ aussi soudain, 15 jours seulement après le lancement de ces nouveautés majeures pour Microsoft, a de quoi, il est vrai, multiplier les spéculations en tous genres.

Rien à voir avec Windows 8 ?

Certains n’ont pas hésité pour immédiatement affirmer que Sinofsky s’était fait virer et qu’il fallait y voir là, et dans la soudaineté de l’annonce, les preuves intangibles que Windows 8 était un fiasco !
De toutes les hypothèses soulevées sur le Net, celle-ci est pourtant la plus improbable. Et ceci pour plusieurs raisons :
• D’abord, il est bien trop tôt pour juger si Windows 8 et Surface sont et seront des succès, des échecs, ou ni l’un, ni l’autre.
• Ensuite, rien ne permet de dire aujourd’hui qu’il s’est « fait virer » ! L’intéressé affirme même le contraire.
• Enfin, il n’est pas certain que cette décision soit aussi rapide et brutale qu’il n’y paraît. Selon les informations du journaliste américain Ed Boot, la décision aurait même été prise depuis plusieurs mois déjà ! Voilà qui expliquerait notamment la prestation anormalement banale de Sinofsky lors de la conférence de lancement et sa remarquable absence lors de la conférence Build 2012 (alors qu’il avait été le maître de cérémonie de la précédente édition). Cela traduirait aussi sa volonté de forcer le rôle et l’implication de Julie Larson-Green au cœur de la division Windows (il suffit de réécouter son introduction lors de la conférence de lancement) !
 

Un esprit indépendant...

En réalité, comme le laissent sous-entendre les spécialistes américains généralement très bien informés que sont Paul Thurrott (WinSupersite) et Mary-Jo Foley (ZDnet), le départ de Sinofsky découlerait bien davantage d’un processus politique et diplomatique.
À 47 ans, Steven Sinofsky aura passé plus de 23 ans chez Microsoft. Il fut longtemps l’un des proches conseillers technologiques de Bill Gates avant de prendre les rênes d’Office puis d’être envoyé à la rescousse d’une division Windows totalement déstructurée, démotivée et désorganisée après le fiasco Vista. On lui doit le succès du lancement de Windows 7, la réorganisation des processus de développement de Windows, et la réinvention de Windows pour un monde tactile et mobile.
Windows 8 est à l’image des qualités et des défauts de Steven Sinosfky. L’homme est réputé très intelligent, voire génial, mais beaucoup semble lui reprocher son culte du secret (il est vrai particulièrement difficile à supporter pour les journalistes comme pour les filiales du groupe qui n’ont plus accès à aucune information sur les évolutions) et son attitude un rien militariste consistant à imposer sa vue sans tenir compte des avis des autres (et notamment des utilisateurs).

...mais une personnalité controversée

Si l’homme semble plutôt apprécié dans la division Windows et s’il a reçu une véritable standing ovation de toute l’entreprise lors d’une fête interne en fin d’été, il ne fait pas l’unanimité. Plusieurs départs parmi les « Executives Microsoft », comme parmi les chefs de projet de la division Windows, lui sont directement imputés, à commencer par celui de Ray Ozzie (le successeur de Bill Gates à la stratégie) et plus indirectement de J.Allard (l’un des pères de la XBox, du Zune et du projet Courrier).
Il semble surtout que les relations de Sinofsky avec les directeurs des autres divisions étaient au plus mal, tous lui reprochant son manque de coopération. Un défaut devenu une problématique grave à l’heure où Microsoft a besoin d’une plus forte collaboration de ses différentes divisions, les produits Cloud Azure, Office, Windows Phone et Windows étant plus que jamais liés par les nouveaux usages mobiles et connectés.

Luttes de pouvoir !

Pour beaucoup d’observateurs, Sinofsky était le meilleur prétendant pour prendre la succession de Steve Ballmer à la tête de Microsoft (voir encadré ci-dessous) et il est fort probable que l’intéressé lui-même briguait volontiers le poste. Mais, les hautes sphères d’un géant comme Microsoft sont toujours éminemment politiques. Sinofsky s’est-il de lui-même aperçu que son évolution était bouchée en l’absence de soutien ou a-t-il été simplement poussé vers la sortie par ses concurrents directs (Terry Myerson chez Windows Phone, Tony Bates de Skype, Kevin Turner COO, Kurt DelBene de la division Business) ? Probablement un peu des deux. L’employé anonyme qui tient le site Mini-Microsoft évoque d’ailleurs une idée intéressante. En quittant Microsoft en pleine gloire, l’homme s’ouvre une porte pour mieux revenir en tant que CEO après avoir réussi à un tel poste ailleurs. Une stratégie qui correspond bien au tempérament du personnage.

Rien ne change dans l’immédiat

Dans son email annonçant son départ, Steven Sinofsky écrit : « J’ai toujours préconisé que les pauses entre deux cycles de production devaient être l’occasion de réfléchir et regarder vers l’avenir. Et cela s’applique aussi à moi ! ». Il ajoute plus loin « D’aucuns ne manqueront pas de spéculer sur cette décision et son timing. Je peux vous assurer qu’ils ont tort. C’est un choix privé et personnel qui ne reflète aucune des spéculations et théories que vous pourrez lire… ». C’est probablement la vérité. L’homme a toujours fait preuve d’authenticité et de précision dans ses Blogs. Il en est certainement de même pour cet email.
Quoi qu’il en soit, ce départ ne devrait rien changer à court terme pour Windows. Les deux bras droits de Steven Sinofsky (Julie Larson-Green à la tête de l’engeering et Tammi Reller à la tête du marketing et des finances) auxquels toutes les équipes Windows reportaient déjà directement à son époque, sont désormais directement rattachés à Steve Ballmer. Et les directions et stratégies pour le développement du prochain Windows (nom de code supposé « Blue ») sont déjà totalement élaborées et sur les rails !

Steve Ballmer est-il indéboulonnable ?

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Compagnon de la première heure de Bill Gates chez Microsoft, Steve Ballmer est un homme très critiqué par les analystes financiers et certains actionnaires qui lui reprochent d’avoir raté les virages qui ont propulsé Apple et ont fait de la firme de Steve Jobs la première capitalisation boursière au monde. Depuis longtemps, certains spéculent sur qui pourrait prendre sa place. En réalité, Steve Ballmer est quasi-indéboulonnable. Si les fonds de pension américains (qui préfèrent la stabilité à la spéculation) détiennent l’essentiel des actions de Microsoft, Bill Gates reste l’homme le plus influant en tant que Chairman of the Board. Il est aussi le meilleur bouclier de Steve Ballmer. D’autant que Microsoft est une hydre complexe à gérer et rares sont les hommes qui ont l’énergie d’un Steve Ballmer pour la faire bouger. Et tant que le chiffre d’affaire de l’entreprise continue de progresser (74,23 milliards de dollars soit 6 % d'augmentation depuis 2011), même si l’action évolue peu, l’actuel CEO a bien peu de risque d’en perdre les commandes à moins de les céder lui-même au successeur que lui et Bill finiront bien par désigner un jour !

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