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Les femmes et les métiers IT : à quand la parité ?

Blogs, réseaux sociaux, forums… les femmes plébiscitent de plus en plus l’utilisation du numérique dans la vie quotidienne. Pourtant, elles sont une minorité à envisager une carrière dans ce secteur. Pourquoi un tel désamour ?

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Ingénieur informaticien. Ce métier évoque dans l’inconscient collectif beaucoup d’a priori. Peut-être est-ce l’image d’un geek accro à la junkfood et aux jeux vidéo qui freine les vocations, ou la vision d’une salle de serveurs pleine de câbles et de machines. Quoi qu’il en soit, les filles représentent tout juste 5% des effectifs des écoles d’informatique.
La faute aux stéréotypes ? Pas seulement. L’informatique et le numérique ne cessent d’évoluer, les métiers aussi. Pourtant, ils souffrent d’un manque de souplesse et d’adaptation à la source, dès l’apprentissage. Alors que généralement et par essence peu de filles sont attirées par la technique pure (développement), elles montrent en revanche davantage d’intérêt pour le conseil (le décisionnel, notamment).
D’ailleurs, être développeur ou chef de projet assistance à maîtrise d’ouvrage MOA n’est pas du tout le même métier. Et pourtant, les formations sont les mêmes : l’apprentissage des techniques et langages de programmation pendant quatre ans dans une école d’ingénieur et une spécialisation possible seulement en cinquième année. De quoi rebuter bon nombre de bachelières !
Les écoles d’informatique ont là un grand effort d’attractivité à produire. Certes, les bases sont essentielles mais des programmes spécialisés pourraient être envisagés parallèlement, dès l’entrée, pour correspondre davantage aux nouvelles exigences du marché et à l’appétence de la gente féminine. Faire des formations plus orientées réseaux sociaux, par exemple, applications smartphone ou développement mobile… C’est cela qui plaît aujourd’hui. Et c’est aussi ce qui marche.

Etre geek n’est plus une tare !

C’est d’ailleurs de la consumérisation de l’informatique que découlera la parité. Entre 2008 et 2011, la croissance d’emploi des femmes dans le numérique a dépassé celle des hommes : + 20% contre 14% pour les hommes (Etude Orange Mutationnelles 2012).
Qui dit consumérisation dit démocratisation de l’informatique. Aujourd’hui, le numérique est partout : e-business, e-commerce, e-marketing… les nouveaux métiers du web deviennent bien plus attrayants. Sans oublier que les générations actuelles d’étudiants ou de jeunes actifs sont « nativement digitales » et donc largement plus sensibilisées aux métiers informatiques, sans distinction de sexe.
De fait, les mentalités évoluent : être geek n’est plus une tare, ça devient « branché ». Certaines femmes ingénieures vont jusqu’à se mobiliser dans des associations pour promouvoir leur métier et valoriser leur qualification : « Girls in Tech », « Tu seras ingénieure ma fille »
Et puis, qui dit démocratisation de l’informatique dit simplification des solutions et des logiciels professionnels. Un nouvel écosystème se crée, davantage conçu pour séduire les femmes. Des outils faciles à prendre en main, à l’interface simple et intuitive, voient le jour. C’est le cas, par exemple, de QlikView, outil d’analyse décisionnel, qui ne nécessite pas de savoir coder.

A CV égal, plus de chances de décrocher un poste

Pourtant, la parité est encore bien loin. Ecole comme SSII, chacune a son rôle à jouer pour attirer les profils féminins. Car les entreprises ont tout à gagner dans la mixité des équipes. Capitaliser sur l’ensemble des compétences et la complémentarité entre femmes et hommes se révèle un formidable levier de compétitivité pour les entreprises.
Les candidates aussi ont gros à gagner. A CV égal, elles ont en effet  beaucoup plus de chances qu’un homme de décrocher un poste à la sortie de l’école et leur profil est tellement recherché qu’elles peuvent prétendre à un salaire plus élevé, brisant ainsi les tabous des écarts de salaire homme/femme.
Sans oublier que les métiers de l’informatique et du numérique se prêtent facilement au télétravail et se concilient donc bien avec une vie familiale. Autant d’atouts qui, à l’heure où la génération Y est touchée de plein fouet par le chômage, devraient attirer bon nombre de vocations féminines…

Soria Boucebaine, responsable ressources humaines d’Ysance

Soria Boucebaine est responsable ressources humaines d’Ysance. Créée en 2005, cette SSII de de 90 collaborateurs est spécialisée dans le décisionnel, l’e-business, le cloud computing et le big data.

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