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Vers une hackademie française ?

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Le hacker fait peur. Sans doute à tort, puisque cette appellation fait régulièrement l’objet d’un abus de langage. On les confond trop souvent avec des pirates informatiques. Certes, d’aucuns diront qu’il est facile de se cacher derrière des questions d’éthique pour revendiquer une distinction sémantique. A cela je répondrai qu’il est encore plus facile de faire des généralités et de parler de ce que l’on ne connaît pas ! Ce sont des pirates qui s’en prennent à Sony ou qui attaquent l’Elysée ou Bercy. Mais ce sont des hackers qui ont créé internet et sont à l’origine des plus grandes innovations numériques d’aujourd’hui (Steve Woz­niak, pour ne citer que lui). J’ajouterai même qu’il est dommage de voir tant de talents boudés par le monde de l’entreprise. Jugés inadaptés, ou bien issus d’une formation atypique, les hackers dérangent.
Une méconnaissance et un manque d’ouverture qui nous dessert plus qu’autre chose. Les ressources humaines des sociétés de l’Hexagone estiment que ces « asociaux » ne peuvent accéder à un niveau de rémunération correct parce qu’ils ne viennent pas du sérail. Du coup, beaucoup quittent le pays et prennent le chemin des Etats-Unis. Le Washington Post racontait récemment qu’à l’université de Tulsa, on forme depuis 2011 des guerriers cybernétiques issus de tous horizons dont neuf sur dix finissent à la NSA ou à la CIA. Les autres intègrent le FBI, le DHS (Department of Homeland Security). Et nous, en France ? On traîne… Patrick Pailloux, directeur général de l’Agence nationale pour la sécurité des sys­tèmes d’information, déclarait lors d’une rencontre avec les étudiants de l’Epitech : « Nous som­mes le bouclier, et les hackers le glaive. » Ça fait froid dans le dos, rien que d’y penser. Nous avons besoin d’une Hackadémie française qui se chargerait de rendre l’information numérique pure et compréhen­sible par tous. Mais la route est encore longue.
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