Les contrats cloud manquent de flexibilité
Les accords proposés par les fournisseurs d’informatique en nuage laissent peu de marge de négociation aux entreprises. Et ils sont loin de donner autant de garanties que les contrats d’externalisation traditionnels.
Priorité aux discussions sur la réversibilité des données
Selon Jonathan Rofé, pour qui les contrats cloud s’apparentent à ceux des licences logicielles, si la négociation reste difficile, elle n’est pourtant pas impossible : « Celle-ci dépend de nombreux facteurs, tels l’organisation interne du fournisseur ; la maîtrise qu’il a ou non de l’infrastructure et de ses technologies ; le caractère complètement mutualisé, ou pas, de la prestation, mais aussi l’équilibre des forces en présence », liste-t-il.Regardez à deux fois avant de confier vos données !
SAP, lui aussi, annonce à propos de Cloud Services que « SAP et ses concédants de licence n’assument en aucun cas la responsabilité des dommages indirects tels que préjudice financier ou commercial, perte de clientèle ou d’épargne, trouble commercial quelconque, toute augmentation des coûts et autres frais généraux, perte de bénéfice, perte d’image de marque, tout report ou perturbation dans le planning du projet ou de l’activité de l’entreprise, toute perte de données, de fichiers ou de programmes informatiques quelconques, qui pourraient résulter de l’inexécution du contrat ».AVIS DSI. « Je n’ai pu discuter aucune clause »
Olivier Touzé, directeur des systèmes d’informations et méthodes de Strego (cabinet d’expertise comptable)
Avez-vous pu négocier les clauses de votre contrat ?
Le contrat Iaas (Infrastructure as a Service) que nous avons actuellement a été négocié avant mon arrivée chez Strego. De ce fait, je n’ai pu discuter aucune clause. J’ai essayé à plusieurs reprises de supprimer des services pour en ajouter d’autres. Mais, à chaque fois, je me suis heurté à des refus. En revanche, lorsqu’il s’agit juste de demander de nouveaux services (et donc d’augmenter les loyers), il n’y a aucun problème…
Quelles sont les lacunes que vous avez observées ?
Elles sont liées aux responsabilités. Dans le contrat actuel, celles qui sont établies le sont de manière approximative. Cela engendre donc des « renvois de balle » fréquents. Par ailleurs, nous travaillons avec des éditeurs pour nos logiciels métier. Nous subissons donc une relation tripartite éditeur-hébergeur- client final, ce qui rend encore plus difficile la définition des responsabilités.
TEMOIGNAGE. « « Faire preuve de malice dans la négociation »
Jean-Jacques G, responsable SIRH d’une grande entreprise et client d’offres Saas
« Les éditeurs Saas arrivent souvent avec des prix catalogue et des contrats normés sur lesquels il est compliqué de discuter. Reste néanmoins certains axes sur lesquels on peut négocier. Sur le prix, par exemple, en jouant sur le volume des licences achetées ou en intervenant aux moments importants de la vie de l’éditeur. Par exemple, quand ce dernier arrive à la fin d’un trimestre de résultats financier, il est plus facile d’obtenir une offre intéressante.
Un grand compte aura beaucoup plus de latitude à négocier, notamment si l’éditeur a l’ambition décrocher une référence client sur un marché local. Un client qui arrive à un volume de données important aura plus de poids pour discuter avec son fournisseur sur le niveau de support. Pour ma part, j’ai pu obtenir d’avoir un interlocuteur privilégié plutôt que de passer par le service de gestion des tickets incidents proposé au départ par le contrat. »

nos newsletters
Lisez 01Business pour 6,54 € / n°











agrandir la photo







