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Et si Steve Ballmer était le problème de Microsoft

Malmené de plus en plus régulièrement, Steve Ballmer est souvent désigné comme le responsable du retard de Microsoft dans le monde de la mobilité. Un ancien de Redmond vient apporter de l’eau à ce moulin dans un livre qui ne mâche pas ses mots.

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Dans un livre à paraître aujourd’hui, mardi 22 janvier, aux Etats-Unis, Joachim Kempin, ancien vice-président en charge des ventes de Windows aux fabricants de PC et qui a travaillé pour Microsoft de 1983 à 2002, tire à boulets rouges sur le PDG actuel du plus grand éditeur de logiciels au monde.

Un board incompétent

Steve Ballmer en 2007
© Martin Olsson
Steve Ballmer en 2007
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Dans une interview accordée à Reuters, tout en réaffirmant son respect pour l’homme, Joachim Kempin n’en finit pas de lui tailler un costard, et, par la bande, de mettre en exergue les points faibles de Microsoft. Il pointe ainsi du doigt les errements et les ratés, mais aussi les problèmes plus profonds liés à son board. « [Steve Ballmer] est-il un grand PDG ? Je ne pense pas. Le directoire de Microsoft est composé de canards boîteux, il l’a toujours été. Ils engagent des gens pour les aider à administrer la société, mais pas pour la diriger. C’est ça le problème. », confie-t-il.
Un manque de vision qui explique que Microsoft ait raté le coche de la mobilité, avec les smartphones et les tablettes. Un état de fait que Steve Ballmer reconnaissait lui-même, à demi mot, au moment du lancement de sa tablette Surface RT. « Ils ont manqué les occasions dont nous parlions quand je travaillais toujours pour [Microsoft]. Les tablettes, les téléphones… Nous avions un projet de tablette, nous avions un logiciel pour tablette quand Windows XP est sorti. Ca n’a jamais été suivi correctement. », semble regretter l’ancien dirigeant de Microsoft.

Les limites d’un homme, d’un système

Beaucoup d’analystes voyaient dans Bill Gates le visionnaire et dans Steve Ballmer, le fonceur, le commercial infatigable. Joachim Kempin semble adhérer à cet avis : « Steve est bon pour vendre, mais faites-en un directeur opérationnel, pas un PDG, et votre entreprise va casser la baraque », continue-t-il. « Je respecte cet homme, mais il y a des limites à ce qu’il peut et ne peut pas faible. Peut-être n’en a-t-il pas pris conscience lui-même. »
Pas conscience de ses faiblesses et manques ? Pourtant, Joachim Kempin parle un peu plus tard de l’approche autoritaire de Steve Ballmer. Une approche qui ne laisse pas tellement de place à d’éventuels prétendants au trône, qui les étouffe, « c’est soit la méthode Steve, soit la porte », dit Joachim Kempin. Et les départs à répétition et successifs de responsables de division chez Microsoft auraient tendance à confirmer cette façon de procéder. Le départ récent de Steven Sinofsky, directeur de la division Windows, à peine quinze jours après le lancement de Windows 8, avait quelque peu fait jaser.
Parlant de Richard Belluzzo, ancien de HP, passé par Microsoft où il avait assurer le lancement de la Xbox avec succès, Joachim Kempin déclare ainsi : « Il n’avait aucune marge de manœuvre. Quand vous travaillez directement avec Ballmer et que Ballmer croit que « peut-être un jour ce type prendra le meilleur sur moi », mon Dieu, vous avez encore moins d’espace vital. C’est à ça que ça se résume. »

Une solution radicale

Alors pour Joachim Kempin, la solution s’impose d’elle même. « Pour que Microsoft revienne sérieusement dans la course, il faudrait un gros changement de management. […] Ils ont besoin de quelqu’un qui ait entre 35 et 40 ans, une personne plus jeune qui comprenne la génération Facebook et la communauté mobile. Ils n’ont pas besoin d’un type qui monte sur scène avec des airs de défis, agressifs, pour annoncer la prochaine version de Windows et penser qu’il va décrocher la timbale avec ça. »
Windows, cœur de la stratégie de Microsoft, ne suffit plus. Si le système d’exploitation demeure la poule aux œufs d’or toujours performante, malgré un démarrage en demi-teinte pour sa dernière version, Microsoft doit évoluer. Ce que l’arrivée de Windows 8, de Windows Phone 8 et de Surface prouve. La question est désormais de savoir si Steve Ballmer est le bon capitaine pour ce nouveau départ… En voyant partir Steven Sinofsky, certains annonçaient qu’ils partaient pour mieux revenir. Une chose est certaine les voix demandant le départ de Steve Ballmer se font toujours plus entendre…

Source :
Reuters
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