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Fleur Pellerin veut aider les start-up grâce au financement participatif

Pour développer le potentiel du « crowdfunding » en France, la ministre déléguée en charge des PME envisage de modifier le cadre réglementaire en France. Mais ce type de placement restera toujours très risqué pour le particulier.

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Quand les caisses de l’Etat sont vides, comment faire pour aider les jeunes entreprises à se développer ? En utilisant le bas de laine des citoyens. C’est l’idée, en tous les cas, que souhaite creuser le gouvernement dans les prochains mois. « Nous réfléchissons aux moyens d'attirer davantage l'épargne des citoyens vers les fonds propres des entreprises ou vers les créations d'entreprises. Il y a des solutions qui permettent à des entreprises de lever des milliards aux Etats-Unis, comme le crowdfunding », a déclaré Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, lors d'une conférence de presse consacrée au 20e Salon des entrepreneurs prévu les 6 et 7 février.
Le « crowdfunding », ou financement participatif en français, permet à des particuliers d'engager via internet des fonds pour financer toutes sortes de choses : un projet de livre, un disque de musique, un concert, etc. (voir encadré ci-dessous). C’est un modèle qui permet également d’aider à la création d'entreprise ou au renforcement de fonds propres. Et c’est précisément à ce type de crowdfunding que pense Fleur Pellerin.

Un cadre réglementaire inadapté

© Anaxago
Les plateformes de crowdfunding dans le monde
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Elle estime d’ailleurs que ce mode de financement « marche très bien aux Etats-Unis » où il « draine des milliards vers les entreprises alors qu'en France, ce ne sont encore que quelques modestes millions d'euros ». Et elle ajoute : « Je crois que c'est une piste d'avenir qui est séduisante pour beaucoup de personnes qui veulent investir de petits montants dans des entreprises qu'elles ont identifiées et qui s'associeraient ainsi plus personnellement dans le succès de l'entreprise. »
Le problème, c’est que le cadre réglementaire français se prête, apparemment, assez mal à ce type de financement. C’est pourquoi le gouvernement va regarder « quels pourraient être les verrous réglementaires à faire sauter ». Ce qui sera justement la mission d’un des neuf groupes de réflexion des Assises de l'entrepreneuriat. Ces Assises lancées le 14 janvier doivent pendant trois mois se pencher sur neuf questions précises qui feront l'objet de quatre propositions chacune.
Mais quels sont précisément ces freins à supprimer ? « Il y en a principalement deux, explique Joachim Dupont, cofondateur d’Anaxago, une plateforme de crowdfunding française destinée au financement de startup et de PME. D’une part, le nombre d’investisseurs est limité à 150. Ce qui ne permet pas de récolter des fonds sur une base large. Pour réaliser des financements de l’ordre de plusieurs centaines de milliers d’euros, il faut donc avoir des investisseurs capables d’apporter plusieurs milliers d’euros. D’autre part, pour pouvoir recevoir et transmettre des ordres d’investissement, il faut des agréments spécifiques qui demandent aux intermédiaires d’avoir des fonds propres élevés. Aussi, nous ne transmettons pas d’ordres, mais jouons uniquement un rôle de conseil pour les investisseurs. »

Un placement risqué

Toutefois, il faut préciser que l’investissement dans les entreprises non cotées est un placement particulièrement risqué, et qui n’est donc pas à mettre entre toutes les mains. Anaxago, d’ailleurs, souligne qu’il ne faudrait pas lui consacrer plus de 10 % d’un portefeuille de placements. Pour autant, le système fonctionne : Anaxago vient de lever 140 000 euros auprès d’une trentaine d’investisseurs, au travers de sa propre plateforme. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Les 3 types de crowdfunding

Dans le monde du financement participatif, on distingue généralement trois types de modèles :

1)    L’actionnariat : en donnant de l’argent, le particulier devient actionnaire de la société. En France, il existe plusieurs plateformes de ce type, comme par exemple Anaxago et Finance Utile.

2)    Le prêt : l’argent du particulier est donné sous forme de prêt, remboursé au bout d’un certain temps avec des intérêts. C’est le cas, par exemple, de Prêt d’union, une plateforme de prêts entre particulier, ou de Spear, une plateforme coopérative de financement solidaire.

3)    Le don contre don : le particulier verse l’argent au porteur de projet sous forme d’un don. Si le projet fonctionne, il recevra, en retour, un don (le remboursement de la somme, une participation aux bénéfices, une place de concert, etc.). C’est le modèle utilisé par Kickstarter aux Etats-unis, ou de Indiegogo et Ulule en France.  

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