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Pour une feuille de route de la télésanté en France

La télésanté suscite de grands espoirs. Elle doit améliorer l’efficacité de notre système de santé, nous aider à mieux gérer la dépendance tout en réduisant les coûts. Malheureusement, pour l’heure, peu de progrès sont au rendez-vous.

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Ces trois dernières années ont vu le lancement de larges projets, de programmes de télémédecine dans chaque région, d'une numérisation accrue des systèmes hospitaliers, des cabinets médicaux et des solutions d’imagerie. Le déploiement du Dossier médical personnel (DMP) a aussi progressé, bien que les régions Alsace, Aquitaine, Picardie et Franche-Comté représentent encore la moitié des – seulement – 290 000 dossiers créés.
Malgré ces efforts régionaux, on ne perçoit pas de plan d’ensemble ou d’articulation nationale de la télésanté. Les pilotes de télémédecine initiés à la mi-2012 n’ont pas encore fait l’objet d’évaluation, la suite à donner au DMP n’est pas tranchée, le deuxième volet du plan Hôpital 2012, soit près de 400 millions d’euros de financement, n’est pas assuré.

Près de 25 entités de validation pour la télésanté !

Ce flottement ne s’explique pas uniquement par la nature innovante du domaine. Il s’inscrit aussi dans la complexité du système de santé. La création et la mise en œuvre d’un dispositif de télésanté concernent en effet près de 25 entités nationales ou régionales, de la validation au financement, en passant par les instances de soin, sans omettre la protection des données personnelles et le contrôle éthique.
Paradoxalement, le numérique, dont l’une des contributions est également de simplifier le système de santé, se trouve freiné par tous les filtres – études sanitaires ou économiques, circuits de remboursement – visant à contrôler le bien-fondé médical et financier de décisions politiques ou de produits industriels.

Le coût total du DMP reste relativement modeste

A moins qu’une feuille de route nationale, appuyée par une gouvernance forte, ne donne priorité à la mise en œuvre du numérique, la télésanté continuera à évoluer lentement, à la marge du système de santé, avec peu de transparence et de cohérence.
Un axe de réflexion serait de redéfinir et de renforcer le rôle de l’Asip santé dans l’enrichissement de référentiels techniques plus complets et plus détaillés, pour assurer une interopérabilité réelle entre les solutions mises en œuvre, interopérabilité qui fait encore défaut souvent au sein d’un même hôpital.
Un autre chantier pourrait concerner le Dossier médical personnel. Son coût – 210 millions d’euros en sept ans – et ses errements de gestion initiaux ont souvent été montrés du doigt, y compris récemment par la Cour des comptes. Cela dit, cette expérience majeure menée par l’Asip n’aura coûté sur la durée qu’un euro par an et par français actif.
Cette somme peut se comparer à nos dépenses courantes de santé : 240 milliards d’euros, chaque année. Si son coût total reste donc – relativement – modeste, le DMP n’a pas rencontré l’adhésion et bénéficierait d’un bilan constructif, voire d’une nouvelle approche concertée avec les professionnels de santé.
Enfin, les évaluations scientifiques et économiques de la télésanté, nécessaires à son orientation de long terme, restent à mettre en œuvre, faute, peut-être, de connaissances spécifiques. A cet égard les prochains retours de la DGOS (Direction générale de l'offre de soins) sur les pilotes de télémédecine fourniront une première base de méthodologie et un premier éclairage à grande échelle.

La m-santé bouscule les médecins et leurs patients

Malgré ce manque de visibilité sur la stratégie nationale, notons cependant plusieurs avancées encourageantes dans la télésanté en France. Les hôpitaux, par exemple, s’équipent en technologie pour simplifier leur gestion, rationnaliser leurs coûts, et répondre aussi à des opportunités de subventions. 
 
Dans la même veine, la généralisation des tablettes et des smartphones, mais aussi d’applications mobiles liées à la pratique médicale, touchent les médecins et leurs patients. Par ailleurs, de plus en plus d’ingénieurs spécialisés sont formés chaque année aux technologies d’e-santé. 
 
Les régions ensuite. Chacune héberge désormais au moins un groupement de coopération sanitaire dédié à la mise en œuvre de la politique de télésanté de son agence régionale de santé. Sans compter que les pionnières accompagnent d’autres moins avancées.
 
Enfin, les réflexions engagées depuis 2010 par la Haute Autorité de santé et la DGOS sur l’efficience de la télésanté et ses modèles socio-économiques pourraient déboucher dès 2013.

Steven Andlauer, président de Tilidia, société de recherche et de conseil

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Steven Andlauer a exercé une dizaine d’années en cabinets de conseil, dont McKinsey&Company, en tant que spécialiste des secteurs technologiques. Spécialisé en analyse stratégique de marchés technologiques, évaluations d’opportunités, et analyse concurrentielle, il se consacre à l'étude des applications sociétales des TIC depuis 2009. Il est diplômé d’un master en stratégie industrielle et financière, et a été formé aux technologies de réseaux à l’Ecole centrale de Paris (ICTM).

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