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Quel modèle économique pour les ESN en 2020 ?

Essor du Saas, industrialisation, offshore… Dans un livre blanc, le think tank G9+ fait le point sur les changements de business model des sociétés de services informatiques, ex SSII. Quels prestataires sortiront gagnants en 2020 ?

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Le changement de nom ne relève pas que du symbole. En proposant, il y a un an, que les SSII (Sociétés de Services et d’Ingénierie Informatique) deviennent des ESN (Entreprises de Services Numériques), Syntec Numérique a souhaité signifier qu’elles changeaient aussi de paradigme. En se focalisant sur la transformation numérique des entreprises au sens large.
Alors que le marché des DSI, cible traditionnelle et historique des ESN, stagne, elles peuvent, avec l’essor du Saas, proposer leurs services directement aux directions fonctionnelles. Des projets dans le marketing, les RH ou la relation client sont de plus initiés par ces « métiers ». En revanche, il s’agit surtout solutions prêtes à l’emploi offrant moins de services d’intégration ou de tierce maintenance applicative et plus de services d’hébergement. « Ces changements vont donc obliger les ESN à repenser leur business model, leur organisation et leurs compétences », estiment les auteurs du livre blanc du G9+.
En revanche, la proximité et agilité dans les prestations continueront à être demandées par les entreprises clientes. D’où la nécessité de maintenir une organisation très maillée des ESN sur le territoire. Enfin, des budgets de plus en plus serrés vont continuer à exercer une pression sur les coûts, qui oblige les ESN à renforcer la professionnalisation et l’industrialisation notamment par les centres de services.
Des centres de services pour certains basés à l’autre bout de la planète. En multipliant les sites nearshore et offshore, les plus grandes ESN ont pu, depuis 5 à 10 ans  répondre aux besoins de réduction des couts des clients et résister à l’offensive des SSII indiennes… Désormais, d’autres défis s’ouvrent à elles. Par exemple, la maitrise d’une partie de la propriété intellectuelle des applications distribuées par les ESN. « Un facteur décisif de succès et de marge ! L’on peut donc anticiper des interpénétrations croissantes entre le secteur ESN et les éditeurs de logiciels, à l’image d’un Sopra Group par exemple. »
En aval, les ESN seront jugées sur la capacité à intégrer des prestations d’hébergement afin de délivrer elles-mêmes les applications via leur réseau de datacenters sans passer par les opérateurs télécom et les géants de l’Internet (Amazon, Google…).

Trois acteurs Indiens dans le top 20

Autre défi : le chantier « social ». Confrontées à une pénurie de compétences sur certains profils, les ESN se doivent d’attirer des talents de plus en plus diversifiés. « Or, l’image du secteur s’est dégradée auprès des jeunes diplômés ». Il s’agira donc pour la profession de restaurer son image si elle veut être en capacité à de recruter et de garder des profils bac + 5. « Sans oublier la nécessaire « féminisation » du secteur, dont le taux stagne autour de 15/20%. »
Ce secteur des services reste largement fragmenté. Aucun acteur n’atteint 10% du chiffre d’affaires global et le duo de tête – IBM, HP – est composé de fournisseurs qui sont aussi présents sur d’autres marchés IT (matériels ou logiciels). Nouveaux venus de la décennie 2000/2010, les fournisseurs indiens placent trois représentants (TCS, Cognizant, Infosys) dans le top 20. S’ils continuent de progresser et de gagner des parts de marché, leur croissance s’est ralentie. « Leurs concurrents directs ont su les contrer, notamment en investissant lourdement en Inde ». Capgemini compte ainsi 44 % de son effectif dans les pays offshore dont 47 000 collaborateurs en Inde.
Au plan mondial, la consolidation est en panne depuis 2008/2009 et l’époque des grands « big deals » avec les rapprochements HP/EDS, Xerox/ACS et Dell/Perot. La dernière fusion d’importance est celle entre CGI et Logica en 2012. En France, en revanche, 2013 a été marquée par un nombre record de fusions-acquisitions dans le logiciel et les services informatiques. 
Et si, en dépit de ce mouvement de consolidation, le marché IT français reste très fragmenté, les ESN françaises comptent, avec Capgemini et Atos, deux champions dans le top 10 mondial. G9+ se félicite également de la présence dominante en Europe dans le secteur connexe du Conseil en technologies, de groupes français tels qu’Altran ou Alten. Pour le think tank, cette solidité les prestataires la doivent à la diversification de leurs activités. « Le modèle historique des ESN, qui a longtemps reposé sur l’assistance technique, a largement évolué vers d’autres modèles : projets au forfait, infogérance, TMA, externalisation, conseil… »
Les ESN françaises ont su aussi garder la main sur leur pré carré, en contrôlant près de 65% du marché domestique contre 40% pour les ESN anglaises ou allemandes dans leurs pays respectifs. Le livre blanc identifie néanmoins un maillon faible : les ESN de taille intermédiaire. Ces ESN « moyennes » devront passer par des rachats pour atteindre la taille critique ou bien développer des expertises techniques (sécurité, big data…), fonctionnelles (marketing, ventes,…) ou sectorielles (finance, utilities, transports…) pour se différencier. « Tout en gardant une proximité client qui reste pour ces PME un facteur critique de succès. »
Sur la base de ces constats, G9+ espère qu’à l’horizon 2020, nos deux champions Capgemini et Atos auront réussi leur transformation et gardé leur rang dans le top 10 « sans succomber aux appétits d’acquéreurs potentiels » et que peut être, l’un au moins des suivants (Steria, Sopra, GFI…) aura atteint cette taille mondiale.

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Capgemini et Atos, deux champions mondiaux

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