En 1993, Tata Consulting, SSII indienne, signait son premier contrat en France. Depuis, l'
offshore s'étend peu à peu sur le sol français. En 2008, selon le cabinet d'analyse américain Gartner, l'
offshore progressera même de 60 % en Europe.
Pour Nicolas Goldstein, fondateur d'
Offshore Développement, société de conseil pour les SSII indiennes qui veulent s'implanter en France, et pour les Français qui veulent faire de l'
offshore, les sociétés indiennes ont tout intérêt à s’implanter en France, y compris par des acquisitions.
« Je ne connais pas une SSII indienne qui n’a pas de problème à répondre à des appels d’offre en France. Des employés français permettent d’entrer directement dans les grands comptes ».
Le spécialiste s’attend donc à voir les acquisitions s’intensifier en 2008, même si les opportunités sont rares.
Des promesses d'investissements en France, qui ne sont pas forcément du goût de tous. Ainsi, Régis Granarolo, président de l’association d’informaticiens Munci, reste sceptique.
« Pour quelques emplois de gagnés en France, il y en a beaucoup plus de perdus qui partent en Inde ».
Wipro, une des plus grosses SSII indiennes, emploie déjà environ 150 collaborateurs en France (4 000 en Europe, 72 000 dans le monde) dans des bureaux implantés à Paris, mais aussi à Sophia Antipolis, Toulouse, Clermont-Ferrand ou Lille. En 2006-2007, elle affichait des revenus européens de 478 millions d’euros dont seulement 2 % avait été générés en France.
« Les 5 ou 7 plus grandes SSII des pays avancés s'installent en Inde et en Chine où réside leur plus grand nombre d'employés. Nous, Tata, nous nous déplaçons dans le sens inverse, mais pas à la même échelle », remarque Milind Kamble de TCS. Du côté des SSII françaises, l'année dernière a été marquée par les rachats de
Xansa par Steria et de Kanbay par Cap Gemini. Une obligation pour ne pas perdre des parts de marché.